Source: African Press Organisation in French
Source: Africa Press Organisation – French
À quelques kilomètres de Mongbwalu, épicentre de l’épidémie au début de la réponse en République démocratique du Congo, le Centre de traitement Ebola (CTE) de Nizi accueille chaque jour des patients suspects dans une zone où la pression reste élevée. La présence de plus de 80 000 personnes déplacées internes réparties dans 22 sites, combinée à une forte mobilité liée aux activités minières, continue d’accroître le risque de propagation de la maladie.
Le renforcement des capacités de prise en charge s’est imposé très tôt comme une priorité afin de permettre aux équipes de santé de répondre rapidement aux besoins des patients et de limiter la transmission du virus.
« Nizi a été identifiée comme une priorité en raison de sa proximité avec l’épicentre de l’épidémie, de la présence de nombreux sites de déplacés et d’une forte concentration de populations dans les zones minières. Ces facteurs augmentent le risque de transmission et nécessitent des capacités de prise en charge adaptées », explique le Dr Léon Malengela, coordonnateur de terrain pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Avec l’appui de l’OMS et de ses partenaires, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a progressivement renforcé les capacités du CTE. La capacité d’accueil atteint désormais 80 lits, grâce aux livraisons successives de lits et de matelas fournis par l’Organisation. Des médicaments essentiels, des équipements de protection individuelle, du matériel de laboratoire ainsi qu’un appui logistique ont également été mis à disposition. En parallèle, 36 investigateurs locaux ont été formés pour renforcer la détection précoce des alertes et le suivi des contacts dans les différentes aires de santé. L’OMS a aussi appuyé, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’identification et la formation de 216 relais communautaires sur les sites de personnes déplacées internes afin de renforcer la surveillance communautaire et la détection précoce des alertes.
Au-delà des infrastructures, des équipements et des ressources humaines, la sécurité des soins dépend aussi de l’organisation du centre de traitement et du strict respect des mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI).
« La PCI permet de protéger les patients, les agents de santé et les visiteurs. Le centre a été conçu avec des circuits distincts, des chambres individuelles pour les cas suspects, des équipements de protection et des procédures strictes de désinfection afin de limiter tout risque de transmission », souligne le Dr Landry Kabego, responsable du pilier PCI à l’OMS.
Au fil des semaines, ces investissements ont permis d’améliorer les conditions de prise en charge et de soutenir le travail quotidien des équipes médicales. Ils restent toutefois insuffisants face à une épidémie qui continue d’évoluer.
« L’appui de l’OMS est considérable. Il ne se limite pas aux lits et aux équipements. Il couvre également la surveillance, le laboratoire, la communication des risques, la coordination et bien d’autres aspects de la réponse. Cet appui nous permet progressivement de combler plusieurs insuffisances, même si des défis importants subsistent encore », témoigne le Dr Jean-Claude Lonzama Dher, Médecin chef de zone de Nizi.
L’approvisionnement en eau du CTE, la gestion sécurisée des déchets biomédicaux, la mise en place de centres de transit dans les zones les plus exposées ainsi que le renforcement des moyens logistiques, notamment les ambulances et les motos, demeurent essentiels pour assurer une prise en charge encore plus rapide des patients.
Avec les nouvelles capacités, le CTE de Nizi offre des soins de qualité aux patients. Fwalin Nzale a été déclarée guérie et a retrouvé sa famille après avoir passé 14 jours dans le CTE. En tant que survivante, elle sensibilise sa communauté en encourageant les personnes présentant des symptômes de la maladie à virus Ebola à se rendre le plus tôt possible dans un centre de santé.
« Je suis vivante grâce aux soins que j’ai reçus. Dès les premiers signes de la maladie, il faut venir rapidement au centre de traitement. Il ne faut pas attendre qu’il soit trop tard », conseille Fwalin.
À Nizi, les efforts se poursuivent pour renforcer les capacités de prise en charge. Mais alors que les équipes restent mobilisées jour et nuit, davantage de lits, d’équipements, de personnel qualifié et de moyens logistiques seront encore nécessaires pour garantir à chaque patient un accès rapide à des soins sûrs, dignes et de qualité.
Distribué par APO Group pour World Health Organization (WHO) – Democratic Republic of Congo.
