Source: African Press Organisation in French
Source: Africa Press Organisation – French
À Sandimba 2, dans le 9e arrondissement de Bangui, 45 bénéficiaires du Programme de réduction de la violence communautaire (CVR) ont effectué, le 3 septembre 2026, leur 9e récolte de produits maraîchers, notamment des poivrons et des tomates. Grâce aux connaissances acquises lors de leur formation en agropastoralisme, ces jeunes développent des activités génératrices de revenus qui contribuent à la cohésion sociale, à la réduction de la violence et au relèvement économique de leur communauté.
Après leur formation en techniques agricoles, en juin 2026, les bénéficiaires ont décidé de s’organiser en trois groupes de 15 personnes pour planter des graines de poivron, de tomate, de pastèque, de chou et de gombo, reçues à la fin de leur apprentissage. Un site maraîcher de six hectares leur a été attribué pour la mise en œuvre de leurs activités.
Deux mois après les premières semences mises en terre en mai 2026, les récoltes ont généré un revenu de 454 500 FCFA, réparti entre les membres des groupes. Mère de neuf enfants, Simone Yasse-Ngbanga, qui a perçu 60 000 FCFA de ce partage, se réjouit des résultats du projet qui lui a permis d’atteindre une autonomie financière. « Avant, nous les femmes, cultivions des champs. Il n’y avait pas de rendement. Aujourd’hui, avec le projet CVR, notre vie et celle de nos familles ont changé. Ma famille est épanouie, nous mangeons à notre faim. J’ai déjà payé la scolarité de mes enfants. J’envisage de faire l’élevage », a-t-elle confié.
Les poivrons sont les produits les plus rentables et les plus demandés, avec une vente de 10 à 12 paniers par semaine à raison de 8 000 FCFA le panier. Bienvenue Koyaba, délégué du groupement, se félicite de cette activité qui permet désormais aux bénéficiaires de subvenir aux besoins de leurs familles. « Ce projet a transformé notre vie. Avant, nous coupions du bois pour fabriquer du charbon de bois et nous vivions de cela. Aujourd’hui, grâce à l’argent des ventes, chacun a pu répondre aux besoins de sa famille », a-t-il témoigné.
Il souligne toutefois plusieurs défis qui affectent la production et la commercialisation, notamment le manque d’eau, l’absence de moyens de transport pour acheminer rapidement les récoltes vers les marchés et le déficit d’infrastructures de stockage.
Revendeuse au marché du centre-ville de Bangui, Bénicia Ing-Feina apprécie la qualité des produits cultivés à Sandimba 2. Elle estime cependant que la distance entre le site de production et le marché réduit sa marge bénéficiaire en raison des coûts de transport.
« Si je viens chaque jeudi, cela prouve que la qualité est bonne. J’achète entre six et huit paniers et cela me rapporte des bénéfices, mais la route est longue et réduit mes gains. Je demande au gouvernement et à la MINUSCA de les doter de moyens roulants leur permettant d’écouler leurs produits sur le grand marché », a-t-elle plaidé.
Selon Pierre Bati, chef du groupe de Sandimba 2, ce 10e projet CVR a contribué à la réduction des cas de violence et de vol dans la localité et ses environs. « Je suis content de voir ces jeunes travailler en harmonie. Aujourd’hui, le taux de violence a diminué. Je ne reçois plus de plaintes liées aux bagarres, au banditisme, aux vols ou à d’autres actes de violence. Je demande à la MINUSCA de m’aider à construire un marché à Sandimba. J’ai déjà identifié un site. Nous avons aussi besoin d’eau et d’un centre de santé », a-t-il déclaré.
Pour Richard Binguina, président de la jeunesse du 9e arrondissement de Bangui, cette initiative représente également une véritable opportunité de relèvement économique pour les jeunes. « Le 9e arrondissement fait partie des arrondissements qui ont été touchés pendant les crises. Je peux témoigner que ce projet a impacté la vie des jeunes, car ils sont maintenant occupés à faire de la maçonnerie, de la couture, de la plomberie, de la soudure, de l’élevage, de l’agriculture et de la pisciculture. Toutes ces activités les occupent, les rendent autonomes et responsables », a-t-il souligné.
Afin de mieux protéger et valoriser leurs productions, les bénéficiaires et le comité de suivi sollicitent l’appui de la MINUSCA et du Gouvernement centrafricain pour la construction d’un magasin de stockage, d’un forage pour l’approvisionnement permanent en eau ainsi que d’un marché destiné à faciliter l’écoulement des produits.
Leur ambition est de contribuer à l’approvisionnement alimentaire du 9e arrondissement en particulier et de Bangui en général, tout en diversifiant leurs cultures et en augmentant leur capacité de production.
La MINUSCA salue les efforts entrepris pour assurer la pérennité de cette activité. « En faisant le suivi de ce projet, je suis très content de les voir travailler en groupement. Ils ont créé un marché hebdomadaire chaque jeudi pour écouler leurs produits. Ils réalisent entre 150 000 et 200 000 FCFA par semaine. Ils s’adonnent à la culture, c’est motivant. Je les encourage à continuer. C’est une bonne initiative », a indiqué Narcisse Gervais Mbassinga, de la Section DDR de la MINUSCA, tout en prenant acte des défis soulevés.
Au total, 45 jeunes de Sandimba 2 et de ses environs bénéficient de ce Programme agropastoral, une initiative du Gouvernement centrafricain soutenue par la Section DDR de la MINUSCA. Le programme vise à réduire les risques de violence au sein des communautés afin d’améliorer la sécurité et de contribuer à la protection des civils.
Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA).
