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Afghanistan : un an d’exclusion pour les employées afghanes de l’ONU, un avenir qui se ferme pour les filles

Afghanistan : un an d’exclusion pour les employées afghanes de l’ONU, un avenir qui se ferme pour les filles

Source: United Nations – in French 2
Headline: Afghanistan : un an d’exclusion pour les employées afghanes de l’ONU, un avenir qui se ferme pour les filles
7 septembre 2026 Femmes

Un an après l’interdiction faite aux employées afghanes des Nations Unies d’accéder aux locaux de l’Organisation dans tout le pays, le Secrétaire général réclame la levée immédiate de cette mesure. L’ONU estime qu’elle entrave l’aide destinée aux femmes et aux filles, alors que les besoins humanitaires restent considérables.

Depuis le 7 septembre 2025, les employées et prestataires afghanes de l’ONU ne peuvent plus entrer dans les bureaux et installations onusiennes à travers le pays.
« Nulle part ailleurs dans le monde, des femmes ne sont empêchées d’entrer dans les locaux des Nations Unies en raison de leur sexe. C’est sans précédent dans les 80 ans d’histoire de l’Organisation », a déclaré la Représentante spéciale d’ONU Femmes en Afghanistan, Susan Ferguson.
Cette interdiction s’ajoute aux nombreuses restrictions imposées aux femmes et aux filles en matière d’éducation, d’emploi, de déplacements et de participation à la vie publique.
« Les restrictions à leur pleine participation à la vie publique, à l’éducation et à de nombreux domaines d’activité violent leurs droits fondamentaux et demeurent un obstacle majeur au développement économique, à la stabilité et à la réintégration de l’Afghanistan dans la communauté internationale », a souligné le Secrétaire général dans une déclaration publiée par son porte-parole à l’occasion du premier anniversaire de cette interdiction.
Le chef de l’ONU a réitéré son appel aux autorités de facto talibanes pour qu’elles annulent immédiatement l’interdiction frappant les Afghanes employées par l’Organisation et leur garantissent un accès sûr et sans entrave aux locaux de l’ONU dans tout le pays.
Une aide qui doit passer par les femmes
Malgré ces obstacles, les collègues afghanes de l’ONU ont poursuivi leur travail au cours de l’année écoulée. Elles ont soutenu des organisations féminines locales, aidé des femmes à accéder à des moyens de subsistance et à renforcer leur résilience face au changement climatique. Elles ont également fourni des soins de santé, une aide financière, des articles essentiels et un soutien psychosocial.
Mais les restrictions affaiblissent la capacité de l’ONU et de ses partenaires à atteindre les Afghanes, les filles et leurs familles.
« Sans personnel féminin afghan, les Nations Unies ne peuvent pas atteindre les femmes et les filles avec une aide adaptée au contexte culturel. En Afghanistan, l’aide doit être fournie par des femmes, pour des femmes », a souligné Mme Ferguson.
L’accès sans entrave de tous les employés de l’ONU à leur lieu de travail est indispensable pour que l’Organisation puisse remplir son mandat et venir en aide aux personnes les plus vulnérables, notamment aux femmes et aux filles, a rappelé le Secrétaire général.
Des enfants privés de perspectives
Les restrictions touchent aussi les enfants et les jeunes, majoritaires en Afghanistan. Dans un rapport présenté au Conseil des droits de l’homme, Richard Bennett, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains dans le pays, dénonce un système qui prive les enfants de leurs droits à une éducation inclusive et de qualité, à la liberté d’expression et à la participation à la vie sociale et publique.
« Les enfants afghans grandissent dans un environnement où la discrimination, en particulier contre les filles et les femmes, est normalisée ; ils sont privés du droit d’apprendre et leurs possibilités d’avenir se réduisent considérablement », a déclaré M. Bennett.
L’expert s’alarme de l’interdiction de l’éducation des filles au-delà de la sixième année, ainsi que de l’exposition des enfants aux violences fondées sur le genre, aux mariages d’enfants et forcés, au travail des enfants et à l’endoctrinement.
« Ces politiques ne violent pas seulement les droits des enfants aujourd’hui : elles compromettent leur capacité à décider de leur propre avenir », a averti le Rapporteur spécial.
M. Bennett appelle les autorités de facto à mettre fin à ces mesures et à rétablir l’accès des filles à une éducation complète. Il exhorte aussi la communauté internationale à financer l’aide humanitaire, notamment les parcours alternatifs d’apprentissage pour les filles.

MIL OSI