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Népal : les inondations meurtrières ravivent le débat sur la justice climatique

Népal : les inondations meurtrières ravivent le débat sur la justice climatique

Source: United Nations – in French 2
Headline: Népal : les inondations meurtrières ravivent le débat sur la justice climatique
9 septembre 2026 Climat et environnement

Quinze jours après les crues dévastatrices qui ont ravagé une partie de l’Himalaya, le Népal compte plus de 1 200 morts et des milliers de disparus. Alors que les recherches se poursuivent jusque dans les tunnels des centrales hydroélectriques, l’ONU appelle à ne pas abandonner un pays qui paie au prix fort son exposition au dérèglement climatique.

Deux semaines après la catastrophe qui a frappé le pays le 26 août, quelques sauvetages tardifs contribuent à nourrir l’espoir de retrouver les survivants dans les entrailles des montagnes népalaises.
Trois personnes ont ainsi encore été secourues durant le week-end, après plus d’une semaine sous terre. « Les gens ne renoncent pas », a déclaré mercredi Lila Pieters Yahia, la plus haute responsable des Nations unies au Népal, lors d’une visioconférence depuis Katmandou avec des journalistes au siège de l’ONU, à New York. « Mais nous devons aussi être réalistes ».
Le bilan donne la mesure du désastre. Mme Pieters Yahia a fait état de 1 267 morts confirmés et de 5 132 personnes toujours portées disparues, dont 587 ressortissants étrangers. Plus de 13 600 personnes ont été secourues.
La responsable onusienne s’est rendue samedi dans certaines des zones les plus touchées. « Des localités entières ont disparu, le lit de la rivière s’est déplacé », a-t-elle raconté. Des habitants lui ont notamment décrit une vague atteignant 20 mètres de hauteur, emportant sous leurs yeux parents, voisins et maisons.
Des villages encore difficiles d’accès
La catastrophe du 26 août a provoqué des crues soudaines et d’immenses coulées de boue et de débris dans les vallées himalayennes. Routes et ponts ont été emportés, des milliers de maisons détruites et des installations hydroélectriques lourdement endommagées.
Les destructions compliquent désormais l’acheminement des secours. Certains villages restent difficiles d’accès. L’armée népalaise largue de l’aide par hélicoptère, tandis que le Programme alimentaire mondial (PAM) utilise des drones cargo pour atteindre les communautés isolées.
Dans les quelque 414 installations hydroélectriques privées du pays, les recherches se concentrent notamment sur les tunnels où des ouvriers travaillaient lorsque la catastrophe a frappé, vers 8 h 40. Des spécialistes venus notamment d’Inde, de Chine et de Corée du Sud épaulent les équipes népalaises.
« Il faut vraiment se faufiler pour entrer et, évidemment, cela va très profond », a expliqué Mme Pieters Yahia, qui s’est rendue à l’entrée de certains tunnels. Les recherches se poursuivent malgré des conditions extrêmement difficiles.
L’aide commence néanmoins à parvenir aux populations sinistrées. Nourriture, eau et biens de première nécessité sont distribués par les autorités, les ONG et les agences des Nations Unies. Mais les besoins restent considérables.
Les réseaux d’eau doivent être rétablis, des cliniques mobiles déployées et des abris installés. Quelque 1 600 femmes enceintes vivant dans les zones touchées devraient accoucher prochainement. Mme Pieters Yahia insiste également sur une urgence moins visible : la santé mentale de populations qui ont parfois perdu simultanément leur maison, leurs moyens de subsistance et plusieurs membres de leur famille.
Vendredi dernier, le gouvernement népalais et les Nations Unies ont lancé un appel de 49,6 millions de dollars afin de venir en aide à plus de 84 000 personnes d’ici à la fin de décembre. Quelque 22 millions ont jusqu’ici été promis. Cette somme doit financer l’aide d’urgence – nourriture, eau potable, soins, protection, abris et transferts monétaires –, mais pas la reconstruction.
La question de la « justice climatique »
Au-delà de l’urgence, la catastrophe ravive au Népal une revendication ancienne : celle de la « justice climatique ». Le pays contribue très peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais sa géographie montagneuse et la fragilité croissante de l’Himalaya l’exposent particulièrement aux effets du réchauffement.
Le gouvernement népalais a ainsi sollicité le Fonds pour les pertes et préjudices, créé dans le cadre des négociations climatiques afin d’aider les pays vulnérables à faire face aux conséquences du dérèglement qu’ils ne peuvent éviter.
« Le Népal a très peu contribué aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, et pourtant il subit de profondes conséquences humaines et économiques du changement climatique », a souligné Mme Pieters Yahia. Elle s’est toutefois gardée de se prononcer sur une éventuelle responsabilité juridique de certains Etats ou sur le montant qui pourrait être accordé à Katmandou.
Dans l’immédiat, l’urgence reste ailleurs. Des milliers de familles ignorent encore si leurs proches figurent parmi les morts ou les disparus. Et dans les tunnels des centrales hydroélectriques, les équipes de secours continuent d’avancer dans la boue et les débris, entretenues par les rares survivants retrouvés après plus d’une semaine.

MIL OSI