Source: People’s Republic of China – State Council News in French
French.china.org.cn | Mis à jour le 14. 09. 2026 | Mots clés : désertification,lutte contre la désertification,coopération sino-africaineChinafrique | 14. 09. 2026
La Chine et l’Afrique élaborent de nouvelles solutions pour lutter contre la dégradation des terres et renforcer la résilience climatique
Un des plus grands défis climatiques mondiaux est très certainement la lente avancée des déserts. Partout en Afrique, des milliards de grains de sable progressent inexorablement sur les terres agricoles, menaçant les moyens de subsistance et anéantissant des décennies de progrès. La désertification n’est pas qu’une préoccupation environnementale, mais l’un des principaux défis économiques et de développement du XXIe siècle.
La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) estime que 40 % des terres émergées sont dégradées, ce qui affecte 3,2 milliards de personnes et compromet la productivité et la résilience des écosystèmes. L’Afrique supporte une part disproportionnée de ce fardeau. Près des deux tiers du continent sont constitués de zones arides, tandis que le Sahara continue de s’étendre vers le sud, au Sahel, exerçant une pression croissante sur les systèmes agricoles et les moyens de subsistance ruraux.
La lutte contre la désertification est devenue un pilier stratégique de la coopération sino-africaine. Alors que les deux parties s’orientent vers des voies de modernisation plus vertes, la restauration écologique s’est imposée comme un domaine de convergence entre expérience, innovation et coordination des politiques. L’accent est mis non plus sur la réponse aux crises, mais sur la construction d’une résilience à long terme et d’une prospérité partagée.
Des solutions communes
L’expérience chinoise offre de précieux enseignements. Selon l’Administration nationale des forêts et des prairies de Chine, la tendance générale à la désertification du nord du pays s’est inversée, tandis que la CNULCD reconnaît les réalisations de la Chine comme un exemple phare de restauration des terres à grande échelle. Cette expérience démontre que la réussite de la restauration écologique dépend d’investissements et d’institutions solides, de l’innovation technologique et d’un engagement politique soutenu.
Les pays africains adaptent cette expérience à leurs propres réalités écologiques plutôt que de simplement reproduire le modèle chinois. Cette approche s’inscrit dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, de l’Initiative de la Grande Muraille verte en Afrique, des Objectifs de développement durable de l’ONU et de l’Initiative chinoise pour le développement mondial. Ensemble, ces cadres reconnaissent que la restauration des écosystèmes dégradés est essentielle à une croissance inclusive et à la résilience climatique.
La collaboration sino-africaine va ainsi au-delà du simple transfert de connaissances, pour promouvoir l’innovation conjointe et l’élaboration de solutions adaptées aux contextes locaux, tout en renforçant les capacités à long terme et en favorisant une action politique coordonnée.
Le transfert de technologies et le capital humain demeurent essentiels. L’expertise chinoise renforce la planification environnementale et la résilience climatique de l’Afrique. Grâce au Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA), des fonctionnaires et des spécialistes africains ont bénéficié de formations en gestion durable des terres, foresterie, conservation de l’eau et génie écologique.
Au cœur de cette coopération sino-africaine se trouve la lutte contre l’un des principaux obstacles au développement durable en Afrique ; elle réaffirme l’engagement de la Chine en faveur d’une modernisation verte et de la coopération Sud-Sud. Face à l’intensification du changement climatique dans les pays en développement, la restauration des écosystèmes devient essentielle pour la sécurité alimentaire, la transformation économique et la stabilité à long terme. La restauration environnementale est ainsi perçue comme un investissement dans la résilience économique, la stabilité sociale et la prospérité durable, et non plus comme un simple objectif écologique.
Pour l’Afrique, les enjeux sont particulièrement importants. L’agriculture emploie plus de la moitié de la population active du continent et demeure la principale source de revenus pour des centaines de millions de personnes. Or, la hausse des températures, l’irrégularité des précipitations, la prolongation des périodes de sécheresse et la baisse de la fertilité des sols compromettent la productivité agricole et les moyens de subsistance ruraux.
Les enjeux de sécurité alimentaire rendent cette relation plus déterminante encore. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agri-culture, plus d’un cinquième de la population africaine souffre encore de sous-alimentation, tandis que la croissance démographique rapide et l’urbanisation exercent une pression plus forte sur les systèmes alimentaires. La restauration des terres dégradées est donc un investissement économique capable d’améliorer la productivité agricole, de préserver l’eau, de protéger la biodiversité et de renforcer les moyens de subsistance en milieu rural.
L’expérience de la Chine en matière d’intégration de la restauration écologique à la modernisation agricole offre des enseignements pratiques qui complètent les stratégies africaines. Des écosystèmes sains constituent un véritable atout économique, en soutenant l’agriculture, l’emploi rural, la sécurité hydrique, le tourisme et la résilience des infrastructures face au changement climatique. Investir dans la restauration écologique n’est donc pas simplement une mesure de politique environnementale, mais une stratégie de développement à long terme capable de générer une croissance économique inclusive.
Un avenir résilient
Le développement durable est devenu un pilier central de l’engagement chinois en Afrique, notamment à travers le FCSA, l’Initiative pour le développement mondial et l’initiative « la Ceinture et la Route ». Le soutien apporté aux pays africains dans la lutte contre la désertification renforce l’engagement de la Chine à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU, l’Accord de Paris et le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, tout en démontrant la valeur de la coopération Sud-Sud fondée sur l’inspiration mutuelle, l’innovation partagée et des objectifs de développement communs.
La technologie et l’innovation détermineront l’impact à long terme de ces efforts conjoints. Les progrès réalisés dans la surveillance satellitaire, l’intelligence artificielle, les systèmes d’information géographique, l’irrigation de précision, la cartographie numérique et la modélisation climatique transforment la gestion des écosystèmes. La collaboration entre les entreprises technologiques, les universités et les instituts de recherche chinois et africains peut accélérer la mise en œuvre de solutions adaptées aux contextes locaux, tout en renforçant les capacités scientifiques sur l’ensemble du continent. Un investissement continu dans l’éducation, la formation technique et le développement institutionnel permettra aux pays africains de gérer de manière autonome des technologies environnementales de plus en plus sophistiquées.
Le financement demeure une autre priorité essentielle. L’expérience de la Chine en matière de finance verte, notamment les obligations vertes, le financement des infrastructures durables et les mécanismes de compensation écologique, offre de précieuses opportunités de coopération. La mobilisation des investissements privés par le biais de financements mixtes, d’investissements ESG, de marchés du carbone et de véhicules de placement fondés sur la nature sera essentielle pour intensifier les efforts de restauration au-delà des seules ressources publiques. L’élargissement de ces dispositifs de financement peut accélérer l’innovation tout en améliorant la viabilité à long terme des programmes de restauration.
EHIZUELEN MICHAEL MITCHELL OMORUYI, directeur exécutif du Centre d’études nigérianes de l’Institut d’études africaines de l’Université normale du Zhejiang
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