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Les négociations commerciales Chine-UE soulignent la nécessité de gérer les différends et d’agir de manière concrète (expert chinois)

Les négociations commerciales Chine-UE soulignent la nécessité de gérer les différends et d’agir de manière concrète (expert chinois)

Source: People’s Republic of China – State Council News in French

French.china.org.cn | Mis à jour le 18. 09. 2026 | Mots clés : french.china.org.cn | 18. 09. 2026

Le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, s’est entretenu jeudi par visioconférence avec le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, Maros Šefčovič, à la demande de ce dernier, afin de discuter des questions économiques et commerciales entre la Chine et l’Union européenne (UE), a fait savoir le ministère chinois du Commerce.
Ces discussions ministérielles interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre la Chine et l’UE, les récentes restrictions imposées par l’UE suscitant des inquiétudes quant aux liens commerciaux et aux chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, la démarche de l’UE visant à dialoguer avec la Chine est particulièrement remarquable.
« Cette initiative démontre que l’UE reconnaît la profonde interdépendance économique entre les deux parties et la nécessité de gérer les différends par le dialogue », a affirmé un expert chinois.
« Plus important encore, l’UE devrait traduire cette volonté en politiques concrètes en réduisant les restrictions discriminatoires, en garantissant un environnement des affaires équitable, transparent et non discriminatoire pour les entreprises chinoises, et en faisant des compromis avec la Chine », a ajouté l’expert.
Mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’UE allait mettre en œuvre tous les moyens possibles pour réduire son déficit commercial « insoutenable » avec la Chine, a rapporté Reuters.
Mme von der Leyen a indiqué que ce déséquilibre, avec un déficit du commerce de biens atteignant un milliard d’euros (1,15 milliard de dollars) par jour l’an dernier, avait atteint un point critique, ajoutant que l’Europe subissait déjà un second « choc chinois » causant sa désindustrialisation.
Ces propos ont suscité des réactions immédiates et fermes de la part des autorités chinoises et du monde des affaires européen.
La Chambre de commerce chinoise auprès de l’UE (CCCEU) a avancé dans un communiqué relatif aux déclarations de Mme von der Leyen que « la présidente de la Commission européenne estime qu’un second “choc chinois” s’est déjà produit et l’associe à la désindustrialisation dans les principaux pôles industriels européens. C’est une perception non seulement erronée, mais qui ignore totalement les problèmes fondamentaux à l’origine du déclin de la résilience de l’industrie européenne ».
Concernant le déséquilibre commercial, la CCCEU a déclaré que « l’UE, elle-même excédentaire commercialement, critique la Chine pour son excédent commercial avec le bloc, ce qui illustre un “deux poids, deux mesures” ».
He Yadong, porte-parole du ministère du Commerce, a affirmé jeudi que la Chine ne pratiquait ni la « diplomatie du micro » ni la guerre des mots, réfutant également les récentes allégations d’Ursula von der Leyen concernant un prétendu « choc chinois 2.0 ».
La Commission européenne a récemment dévoilé une proposition législative autorisant les autorités publiques de l’UE à privilégier les entreprises européennes dans les marchés publics de services essentiels, tels que l’énergie, l’eau, les chemins de fer, les ports, les aéroports et les services postaux, a rapporté Euro News, notant qu’il s’agissait d’une « mesure visant clairement les entreprises chinoises ».
Interrogé lors de la conférence de presse de jeudi sur cette Loi sur les marchés publics récemment dévoilée par la Commission européenne, M. He a souligné que le texte législatif incluait une disposition de « préférence européenne » et exigeait également l’intégration de facteurs non marchands, tels que la sécurité, dans les critères d’évaluation des offres, excluant ou limitant ainsi les entreprises de pays tiers qui ne remplissent pas les conditions requises. « La Chine est très préoccupée par cette situation », a-t-il déclaré.
« Depuis le début de l’année, l’UE a successivement introduit des révisions à la Loi sur la cybersécurité, à la Loi sur l’accélération industrielle et à la Loi sur les marchés publics. Sous prétexte de cybersécurité et de développement industriel, le bloc poursuit une politique protectionniste en introduisant de manière répétée des dispositions discriminatoires et en durcissant constamment les conditions d’accès au marché », a-t-il soutenu.
« La Chine exhorte l’UE à respecter les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à maintenir l’ouverture de son marché, à revoir les dispositions discriminatoires du projet de loi, et à créer un environnement des affaires équitable, transparent et non discriminatoire pour les entreprises investissant et opérant dans l’UE. »
« L’Europe insiste sur la concurrence loyale et le commerce équilibré, mais restreint sans cesse l’accès à ses marchés en matière de marchés publics, de cybersécurité et de politique industrielle, tout en imputant ses coûts élevés et sa faiblesse de compétitivité à ses concurrents extérieurs », a avancé jeudi Huo Jianguo, ancien directeur de l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, qui dépend du ministère chinois du Commerce. Il a ajouté que « de telles mesures ne résoudront pas les problèmes structurels de l’Europe et risquent seulement d’accroître les coûts et de freiner la vitalité du marché ».
Cependant, M. Huo a également noté que, face aux nouvelles incertitudes qui pèsent sur le commerce sino-européen, les discussions ministérielles de jeudi envoyaient un signal positif, montrant que les deux parties privilégient encore le dialogue pour gérer leurs différends.
« La priorité est toutefois de concrétiser les discussions par des actions sur des points précis grâce aux mécanismes de consultation existants », a-t-il poursuivi.
« Compte tenu des récents signaux de fermeté émis par l’UE concernant les liens économiques et commerciaux avec la Chine, ainsi que de la série de restrictions mises en place, sa volonté d’organiser des pourparlers au niveau ministériel suggère qu’elle reconnaît le degré élevé d’interdépendance économique entre la Chine et l’UE », a affirmé jeudi Jian Junbo, directeur du Centre pour les relations Chine-Europe à l’Institut d’études internationales de l’Université Fudan.
« Alors que l’UE prône un soi-disant “rééquilibrage” des échanges commerciaux, sa demande de discussion reflète également un besoin pragmatique de maintenir le dialogue, de gérer les différends et d’éviter une nouvelle escalade », a ajouté M. Jian.
Malgré les frictions, les échanges commerciaux entre la Chine et l’UE ont continué de croître, soulignant la forte complémentarité des deux économies. Selon l’Administration générale des douanes chinoises, le volume des échanges entre la Chine et l’UE a atteint 608,09 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, soit une hausse de 12,4 % sur un an, avec une croissance enregistrée tant pour les importations que les exportations.
La structure même des échanges bilatéraux témoigne également d’une intégration industrielle.
Les économies chinoise et européenne sont hautement complémentaires, avec des chaînes industrielles et d’approvisionnement profondément intégrées, a souligné M. Jian, exhortant l’UE à « traduire sa volonté de dialogue en politiques concrètes en réduisant les restrictions discriminatoires, et en offrant aux entreprises chinoises un environnement des affaires équitable, transparent et non discriminatoire ».

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MIL OSI