Post

Quatrième Commission: entre autonomie et indépendance, les pétitionnaires confrontent leurs vues sur l’avenir du Sahara occidental

Quatrième Commission: entre autonomie et indépendance, les pétitionnaires confrontent leurs vues sur l’avenir du Sahara occidental

Source: United Nations – in French 2
Headline: Quatrième Commission: entre autonomie et indépendance, les pétitionnaires confrontent leurs vues sur l’avenir du Sahara occidental
Aujourd’hui, devant la Quatrième Commission (chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation), le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et le plan d’autonomie marocain ont été au cœur des interventions des pétitionnaires qui se sont exprimés sur l’avenir du Sahara occidental, dernier territoire non autonome du continent africain. 
L’évolution politique récente au « Sahara marocain », marquée par l’adoption de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité qui vise à relancer les négociations de paix sur la base du plan d’autonomie du Maroc, a été saluée par M. Carl Gustav Bjertnes, de CEDAC, ainsi que par Mme Martha Chávez Cossío et M. Harald Troch.  M. Bjertnes a souligné que les investissements dans les infrastructures, les énergies renouvelables et la formation transforment les provinces du Sud en un « pôle connecté à l’Afrique atlantique ».  Selon lui, l’enjeu consiste désormais à « accélérer et approfondir le développement tout en élargissant la participation ».
Pourtant, a remarqué M. Mohammed Abbadi, de FreedomSun organization for the protection of Sahrawi human rights defenders, une grande partie de la jeunesse sahraouie souffre d’un chômage et d’un appauvrissement « délibérés ».  « Ce n’est pas parce que notre terre manque de ressources, mais parce que l’occupant marocain utilise la privation pour soumettre notre peuple », a-t-il argué.  Les projets et infrastructures dans lesquels investit « l’occupant » ne servent selon lui qu’à faciliter « le pillage des ressources » de son peuple.
Contrairement aux propositions des « séparatistes » qui se sont avérées être un « échec depuis 50 ans », le plan d’autonomie marocain est « réaliste et viable », a soutenu M. Jamal Kamal, d’Arab Union for Artificial intelligence and programming.  Sa crédibilité découle selon lui de la réalité d’un accord historique, des liens juridiques approuvés en 1975 par la Cour internationale de Justice (CIJ) et de l’approche adoptée par le Maroc.  Pour M. Alfredo González Castro, de Heraldo Media Group, l’autonomie est une « proposition d’avenir » permettant aux habitants des provinces du Sud de participer à leur développement dans un cadre pluraliste. 
Dans l’attente d’un règlement politique permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit légitime à l’autodétermination, M. Djouklafi Tarek a souligné l’importance d’éviter toute mesure unilatérale susceptible de modifier le statu quo ou d’affecter la résolution pacifique de la question.  Les activités économiques qui y sont menées doivent donc respecter le droit international et les décisions des tribunaux internationaux afin de préserver les ressources naturelles du Sahara occidental. 
Plus de trois décennies après sa création, il est « manifeste » que le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), dépourvu d’un mécanisme de surveillance des droits humains, reste « inachevé », selon M. John Jairo Pérez Vargas, de Red Perspectivas Ibero-Americanas sobre la Justicia.  Déplorant les victimes des « actions militaires » menées sur le territoire, il a exhorté la Commission à recommander au Conseil de sécurité d’intégrer un tel mécanisme sans plus attendre. 
M. Abdul Basith Pattinathar K. Syedibrahim, de World Humanitarian Drive, a observé que la persistance des conflits entraîne l’émergence d’organisations extrémistes et de groupes criminels « tels que le Front POLISARIO », lesquels peuvent exploiter « l’instabilité, la pauvreté, les déplacements de population et les griefs politiques ».  Le développement des provinces du Sud offre selon lui un rempart contre ces menaces, en proposant aux jeunes des opportunités favorisant un avenir « sûr et digne ».  « La paix exige de la dignité.  La paix exige du développement.  La paix exige des opportunités.  Et surtout, la paix exige le dialogue », a observé M. Syedibrahim. 
Sur le plan humanitaire, la récente baisse de 40% du financement humanitaire dans les camps de Tindouf, où une enquête de 2025 a révélé un taux de malnutrition aiguë globale de 14% chez les jeunes enfants, a incité Mme Marilyn Karyl, de Stanton World Changer Kids, à préconiser une fermeture sûre et graduelle des camps, tout en assurant le retour des réfugiés au Sahara occidental dans le cadre du plan d’autonomie marocain.
Abondant dans le même sens, M. Roberto Leon Ramirez, de Fundación global Chile Marruecos, a noté que le Conseil de sécurité réitère depuis des années sa demande de recensement des réfugiés des camps de Tindouf.  « Il ne s’agit pas d’une revendication exclusivement marocaine; c’est une question soulevée à maintes reprises par le système des Nations Unies lui-même. »
« L’aide humanitaire ne doit jamais se substituer à l’obligation de rendre des comptes en matière de droits humains », a observé pour sa part M. Mehmood Ur Rehman Anwar, d’Africa Culture International, qui a dénoncé l’administration « opaque » de ces camps par le Front POLISARIO.  « Il ne s’agit pas de choisir un camp politique plutôt qu’un autre », a-t-il plaidé, comme M. Eric Cameron, de World Action for Refugees, mais bien de placer l’individu au centre des préoccupations de la communauté internationale.
L’Algérie, pays hôte, doit assumer ses responsabilités, a renchéri M. Jaouad Dekaki, de Jeune chambre internationale, et le Front POLISARIO être tenu comptable de ses actes afin de faire cesser le sort infligé à ces « détenus » sahraouis qui méritent un avenir « loin des camps ». 
« Si tout allait si bien au Royaume du Maroc, pourquoi donc 70 000 jeunes hommes se sont-ils échappés de leur pays en un week-end? » s’est interrogée Mme Cynthia Basinet.  Depuis plus de 36 ans, le plan de règlement de 1991 « attend son référendum », a renchéri M. Yefri Benzerga, de CNASPS, rejoint par M. Adel Ghebouli, en évoquant une « génération entière d’un peuple née dans l’exil des camps de réfugiés de Tindouf en attendant que cette Organisation honore sa propre Charte ». 
« Si la maison est en feu, tout le monde fuit », a approuvé M. Hamdi Mayub, d’IAJUWS, Sahraoui né dans les camps de réfugiés.  « Résister pendant 50 ans face à l’injustice pour que le Maroc nous impose une autonomie sur la base d’un dossier de 44 pages, en prétendant garantir la paix, la stabilité et le progrès, cela n’a aucun sens », s’est emporté le pétitionnaire. 
Au cours de cette séance, la délégation marocaine a soulevé plusieurs motions d’ordre afin de rappeler à certains pétitionnaires de respecter les règles de décorum de la Commission.  L’Algérie a accusé le Maroc de multiplier les interruptions des pétitionnaires sur le fond, au « mépris » du Règlement intérieur.
Les délégations de Cuba, de l’Espagne et de la Syrie ont également présenté des motions d’ordre à la suite des interventions de pétitionnaires, afin de préciser qu’elles étaient seules habilitées à prendre la parole au nom de leurs pays respectifs. 
La Quatrième Commission poursuivra son audition des pétitionnaires sur la question du Sahara occidental demain, jeudi 8 octobre 2026, à 15 heures.

MIL OSI