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Ukraine : l’ONU alerte sur une escalade meurtrière des frappes russes à l’approche de l’hiver

Ukraine : l’ONU alerte sur une escalade meurtrière des frappes russes à l’approche de l’hiver

Source: United Nations – in French 2
Headline: Ukraine : l’ONU alerte sur une escalade meurtrière des frappes russes à l’approche de l’hiver
La guerre ne se contente pas de tuer en Ukraine. Elle menace de priver des millions d’habitants des moyens de vivre. Électricité, chauffage, eau potable, transports. À l’approche de l’hiver, les frappes russes s’attaquent aux infrastructures dont dépend la population civile, tandis que les bombardements continuent de faire des dizaines de morts.
Vendredi, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, deux hauts responsables onusiens ont dressé le tableau d’une escalade militaire, après une semaine particulièrement sanglante pour les civils du pays. Depuis lundi, plus de 100 civils ont été tués et au moins 429 blessés à travers le pays.
« Les attaques de la Fédération de Russie contre l’Ukraine ont atteint un nouveau degré d’horreur », a lancé Khaled Khiari, Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques.
Jeudi, à Kramatorsk, dans la région orientale de Donetsk, une bombe planante russe a frappé deux autobus transportant des civils, faisant au moins 35 morts et 18 blessés. La veille, à Pryluky, dans le nord du pays, un missile russe avait éventré un immeuble résidentiel, tuant au moins 19 personnes, dont cinq enfants, selon les chiffres cités par M. Khiari.
Ces attaques s’inscrivent dans une aggravation continue du bilan humain de la guerre. Selon le haut responsable, chacun des mois écoulés depuis janvier a enregistré davantage de victimes civiles que le mois correspondant des trois années précédentes.
© UNICEF/ Oleksii Filippov Un immeuble résidentiel à Boryspil, en Ukraine, a été fortement endommagé à la suite d’une attaque de missiles survenue dans la nuit de jeudi à vendredi.
L’hiver comme menace supplémentaire
Mais au-delà des morts immédiates, c’est la destruction progressive des conditions de vie qui inquiète les Nations Unies. Depuis la fin septembre, au moins huit installations de production ou de distribution d’électricité ont été visées dans plusieurs régions, provoquant des coupures de courant et des interruptions de l’approvisionnement en eau.
Dans la capitale, Kiev, les forces russes ont également attaqué pendant quatre jours consécutifs, du 1er au 4 octobre, des ponts stratégiques enjambant le Dniepr, une première depuis les débuts de l’invasion à grande échelle en février 2022. Ces frappes menacent des axes empruntés quotidiennement par des dizaines de milliers d’habitants. Moscou affirme viser des infrastructures utilisées pour le transport de troupes et de matériel militaire ukrainiens.
Les coupures d’électricité, programmées ou d’urgence, ont déjà repris dans la capitale. Les autorités ukrainiennes ont commencé à réactiver des centres d’accueil chauffés permettant aux habitants de se restaurer et de recharger leurs appareils électriques.
« La préparation à l’hiver ne peut pas attendre l’hiver », a averti Gemma Connell, directrice de la division des interventions d’urgence du bureau onusien des affaires humanitaires (OCHA).
L’organisation dispose d’un plan hivernal de 358 millions de dollars destiné à aider plus de deux millions de personnes vulnérables. Mais réparer les réseaux électriques, distribuer des générateurs et acheminer des secours ne suffira pas si les installations continuent d’être détruites.
« Aucune préparation ne peut, en définitive, remplacer la protection des infrastructures dont dépendent les civils », a insisté Mme Connell.
Des civils pris au piège
Dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, la situation est parfois plus désespérée encore. À Olechky, dans la région de Kherson, quelque 2 000 habitants, dont 35 enfants, resteraient piégés sans accès à la nourriture ni aux fournitures médicales. Les drones, les mines et l’absence d’évacuations organisées rendent leur départ extrêmement périlleux.
L’ONU réclame un cessez-le-feu local pour permettre leur évacuation et l’acheminement de secours. Des difficultés comparables frappent les populations vivant à proximité du front, notamment à Kostiantynivka, sous contrôle ukrainien.
La guerre déborde également les frontières du pays. Selon M. Khiari, les attaques ukrainiennes en territoire russe ont fait 496 morts et 3 394 blessés civils signalés entre janvier et septembre. En mer Noire, les frappes contre les navires commerciaux se multiplient, menaçant les exportations agricoles et la sécurité maritime.
Cette extension du conflit intervient alors que les efforts diplomatiques peinent à produire des résultats. Vendredi, des négociateurs ukrainiens sont arrivés aux États-Unis pour de nouvelles discussions avec Washington.
Devant le Conseil de sécurité, l’ONU a renouvelé son appel à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Mais pour Gemma Connell, l’urgence est aussi de refuser que la survie quotidienne sous les bombardements devienne une situation ordinaire.
« Nous ne devons pas confondre la capacité de s’adapter avec celle d’endurer indéfiniment », a-t-elle prévenu.
À l’aube d’un cinquième hiver de guerre, la distinction pourrait devenir une question de vie ou de mort pour de nombreux Ukrainiens.

MIL OSI