Source: United Nations – in French 2
Headline: Ukraine : de nouvelles frappes russes meurtrières, malgré les appels à la désescalade
13 octobre 2026 Paix et sécurité
Des bombardements sur Kiev et Kharkiv ont fait au moins cinq morts et des dizaines de blessés, tandis que la Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement de compromettre les efforts de désescalade. Les enfants continuent de payer un lourd tribut à une guerre qui frappe toujours davantage les zones résidentielles et les infrastructures civiles.
Les appels à la désescalade n’ont pas interrompu les bombardements. Dans la nuit de lundi à mardi, de nouvelles frappes russes ont touché les deux plus grandes villes ukrainiennes, Kiev, la capitale, et Kharkiv, dans le Nord-Est, faisant au moins cinq morts et plusieurs dizaines de blessés. Des immeubles d’habitation et des infrastructures civiles ont été endommagés, selon le bureau humanitaire des Nations Unies (OCHA).
À Kharkiv, située à proximité de la frontière russe, un immeuble résidentiel a été détruit par un missile. Quatre personnes ont été tuées et 41 autres blessées en une seule soirée, selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Les équipes de secours ont fouillé les décombres pendant presque toute la nuit, à la recherche de survivants.
La Croix-Rouge ukrainienne a indiqué avoir participé au sauvetage de huit personnes. Un point d’accueil a été ouvert pour venir en aide aux habitants touchés par les bombardements.
À Kiev, dans le centre ukrainien, cinq missiles balistiques ont frappé des infrastructures civiles, selon M. Zelensky. Les autorités ont signalé un mort et 11 blessés. Parmi les personnes affectées figure une fillette dont la mère a péri dans l’une des attaques.
Sur place, les organisations humanitaires distribuent des matériaux destinés à protéger les logements endommagés et proposent une assistance psychologique et juridique aux sinistrés.
Un cessez-le-feu énergétique qui reste à concrétiser
Ces bombardements surviennent dans un contexte de discussions sur une possible suspension des attaques visant les installations énergétiques. Selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, la Russie a lancé pendant la nuit plus de 100 drones, munitions rôdeuses et missiles balistiques contre le territoire ukrainien. Cinq missiles balistiques auraient notamment frappé des infrastructures civiles à Kyiv.
Le dirigeant ukrainien affirme que son pays s’est abstenu de toute frappe contre les raffineries de pétrole et les installations énergétiques russes depuis l’annonce, deux jours plus tôt, d’un cessez-le-feu dans ce secteur par le président américain. Moscou aurait, en revanche, continué de viser les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Kiev se dit prêt à prendre des mesures réciproques pour réduire les hostilités. Du côté russe, les autorités ont indiqué que « les contacts se poursuivent », sans préciser les contours d’un éventuel accord.
L’enjeu dépasse la seule question des infrastructures énergétiques. Les frappes sur les habitations et les équipements civils rappellent qu’une suspension limitée des attaques contre le secteur énergétique, même si elle venait à se concrétiser, ne garantirait pas à elle seule la sécurité des populations.
© Kharkiv City Council / Vasil Golosniy Selon le maire de Kharkiv, environ 13 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits, dont environ 10 000 immeubles résidentiels.
Six enfants tués en un week-end
Les enfants continuent de payer un lourd tribut à cette guerre. Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), six d’entre eux auraient été tués et 11 autres blessés au cours du seul week-end précédant les dernières attaques.
« Encore des enfants tués, encore des familles confrontées à une perte inimaginable. Cette violence ne doit pas devenir la nouvelle normalité », a dénoncé lundi l’agence sur X.
Au-delà des victimes immédiates, les bombardements compromettent durablement l’accès à l’éducation, aux soins et aux services publics. Dans la région méridionale de Mykolaïv, les Nations Unies tentent ainsi de remettre en état des établissements endommagés, avec le soutien financier du Danemark, qui a mobilisé plus de 20 millions de dollars.
© ONU Ukraine Des débris sont enlevés après une attaque de drone dans un quartier résidentiel de Kiev, le 12 octobre 2026.
Le programme, mis en œuvre par le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), prévoit notamment la restauration du lycée historique Arkas, dans le centre de Mykolaïv, et la rénovation d’un établissement scolaire à Snihourivka, près de la ligne de front. Les deux écoles seront équipées d’abris souterrains pour permettre aux élèves de poursuivre les cours pendant les alertes aériennes.
L’initiative comprend également la fourniture d’autobus scolaires, de véhicules de secours, de matériel médical et d’équipements destinés aux services municipaux.
« Les enfants ont besoin d’écoles sûres, les patients de soins de santé de qualité et les familles de services essentiels fiables », a rappelé Marysia Zapasnik, responsable des programmes de l’UNOPS dans la région.
Alors que les discussions diplomatiques se poursuivent, les autorités locales et les organisations humanitaires doivent ainsi répondre à deux urgences simultanées : secourir les victimes des bombardements et reconstruire les services dont dépend la vie quotidienne des Ukrainiens.
