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Catastrophes naturelles : la facture vertigineuse des logements détruits

Catastrophes naturelles : la facture vertigineuse des logements détruits

Source: United Nations – in French 2
Headline: Catastrophes naturelles : la facture vertigineuse des logements détruits
13 octobre 2026 Climat et environnement

Alors que les cyclones, inondations et séismes se multiplient, les dégâts causés aux habitations coûtent chaque année 228 milliards de dollars dans le monde. Malgré les progrès réalisés pour limiter le nombre de victimes, les pertes économiques continuent de peser sur des populations souvent déjà vulnérables.

Les catastrophes ne s’arrêtent pas lorsque les eaux se retirent ou que la terre cesse de trembler. Pour les familles qui ont perdu leur maison, elles se prolongent pendant des mois, parfois des années, entre hébergements provisoires, revenus interrompus et reconstruction incertaine. À l’échelle mondiale, les dommages causés aux logements représentent chaque année quelque 228 milliards de dollars (environ 197 milliards d’euros), selon les Nations Unies.
Ce montant illustre l’une des grandes contradictions de la prévention des catastrophes. Si les progrès réalisés ces onze dernières années ont permis de réduire la mortalité, ils ne se sont pas accompagnés d’une diminution comparable des pertes économiques. Les habitations concentrent à elles seules 43 % des dommages matériels directs provoqués par les cyclones, les inondations, les tsunamis et les séismes, selon le bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR).
À l’occasion de la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe, mardi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à investir davantage dans la sécurité des habitations. Chaque année, a-t-il rappelé, des millions de logements sont endommagés ou détruits, « contraignant des familles à se déplacer et aggravant la pauvreté ».
Pour l’organisation, la question ne se limite pas aux moyens consacrés à la reconstruction. Elle concerne aussi les choix d’aménagement, la qualité des bâtiments et la capacité des habitants à réagir avant qu’une catastrophe ne frappe. Construire dans des zones moins exposées, imposer des normes plus strictes et renforcer les habitations existantes permettraient de limiter les destructions.
L’alerte ne suffit pas
Encore faut-il que les populations disposent des moyens de se protéger. Une enquête mondiale publiée en 2026 par la Fondation Lloyd’s Register révèle ainsi un écart considérable entre les ménages préparés aux catastrophes et les autres.
Parmi les personnes ayant reçu une alerte précoce, seules 27 % de celles qui ne disposaient ni d’un plan familial d’urgence ni de la confiance nécessaire dans leur capacité à se protéger ont réussi à prendre des mesures. Cette proportion atteint 83 % chez celles qui disposaient à la fois d’un plan et de cette confiance.
Autrement dit, prévenir ne suffit pas. Encore faut-il savoir comment réagir et disposer des ressources nécessaires pour le faire. Jeanette Elsworth, porte-parole de l’UNDRR, appelle ainsi à garantir à tous les ménages l’accès aux informations sur les risques, aux dispositifs d’alerte et aux moyens de protection.
Mais les conséquences des catastrophes ne se mesurent pas uniquement à l’ampleur des destructions. Elles dépendent aussi de la durée pendant laquelle les familles restent privées de logement et de revenus.
En 2025, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a accompagné 1,4 million de personnes dans 39 pays grâce à ses programmes de réduction des risques, au bénéfice de près de 1 200 communautés. Elle a également contribué à étendre les systèmes d’alerte précoce à plus de 1,2 million de personnes.
Reconstruire sans prolonger l’exil
Trois catastrophes récentes illustrent les difficultés du relèvement.
Au Népal, les inondations provoquées en août par l’effondrement d’un glacier ont touché plus de 84 000 personnes et endommagé environ 7 500 habitations. Les évaluations réalisées par l’OIM sur 48 sites d’accueil ont permis de recenser 3 650 déplacés, tandis que 28 sites restaient en activité.
Au Venezuela, après les séismes de juin, l’organisation a fourni un hébergement temporaire, des produits de première nécessité, des soins et des services de protection à 50 600 personnes. Plus de la moitié des ménages interrogés ont désigné la réparation de leur logement comme une priorité.
« L’enseignement était clair : il fallait commencer à préparer la reconstruction sans attendre, avant qu’un déplacement temporaire ne se prolonge », a souligné Maria Moita, directrice du département des interventions humanitaires et du relèvement de l’OIM.
En Colombie, un séisme survenu en août aurait touché près de 500 000 personnes et endommagé plus de 200 000 habitations. Dans la ville de Cali, quelque 20 000 familles auraient été contraintes de quitter leur domicile.
Ces situations mettent en évidence une difficulté souvent négligée : retrouver un toit ne signifie pas nécessairement retrouver une vie normale. Sans écoles, sans soins, sans services essentiels ni perspectives de revenus, le retour peut rester hors de portée.
« Reconstruire les logements ne suffit pas : les populations ont également besoin de services qui fonctionnent et de possibilités de reconstruire leur vie », a insisté Mme Moita.
Pour l’OIM, les efforts de relèvement doivent donc commencer dès les premières interventions d’urgence, plutôt que d’attendre la fin des opérations de secours. L’enjeu est d’éviter qu’une catastrophe ponctuelle ne se transforme en déplacement durable.
« Les catastrophes peuvent survenir brutalement. Les déplacements de population, eux, peuvent durer bien plus longtemps », a conclu Mme Moita.

MIL OSI