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Soudan : les belligérants misent toujours sur la guerre, malgré les appels à une trêve

Soudan : les belligérants misent toujours sur la guerre, malgré les appels à une trêve

Source: United Nations – in French 2
Headline: Soudan : les belligérants misent toujours sur la guerre, malgré les appels à une trêve
Au Soudan, ni l’armée régulière ni les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ne semblent disposés à déposer les armes. Pire, les deux camps continuent de croire qu’ils peuvent améliorer leur position sur le champ de bataille, au prix d’une aggravation des souffrances civiles.
« Lors de chacune de mes interventions devant ce Conseil sur le Soudan cette année, j’ai indiqué que la situation se détériorait, sans aucune percée en perspective », a rappelé vendredi Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques, devant les membres du Conseil. « Malheureusement, aujourd’hui, je peux vous dire que peu de choses ont changé ».
Depuis sa dernière intervention, les affrontements se sont poursuivis, particulièrement dans les États du Kordofan du Nord, du Kordofan du Sud et du Nil Bleu. Mais la violence déborde désormais largement les lignes de front. Les frappes aériennes et les attaques de drones atteignent des camps de déplacés, des établissements scolaires, des infrastructures civiles et jusqu’à des sites miniers éloignés des principaux combats.
Le 3 octobre, deux camions affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM), transportant des vivres entre Dilling et Kadugli, dans le Kordofan du Sud, ont été frappés par un drone. L’un des chauffeurs a été tué. Les véhicules, clairement identifiés comme humanitaires, disposaient pourtant de toutes les autorisations nécessaires. Ils circulaient dans une zone soumise à des attaques répétées des FSR et du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, sans que l’ONU attribue formellement cette frappe à l’un de ces groupes.
© UNICEF Des femmes et des enfants font la queue pour obtenir de l’eau à Al Obeid, dans le Kordofan du Nord, au Soudan.
La guerre des drones
L’utilisation croissante des drones constitue l’une des évolutions les plus meurtrières du conflit. Selon les chiffres présentés par l’ONU en août, ces engins ont causé environ 1 100 des 1 400 morts civiles recensées au premier semestre 2026. Les deux camps les utilisent pour frapper des cibles parfois situées loin des fronts.
Face à cette menace, Mme DiCarlo a proposé une mesure immédiate : que les belligérants cessent d’utiliser des drones ou, à défaut, acceptent des engagements précis et des mécanismes opérationnels encadrant strictement leur emploi.
Mais l’obstacle est d’abord politique. « Les parties ne se rapprochent pas du dialogue », a-t-elle constaté. « Au contraire, elles semblent croire qu’elles peuvent obtenir davantage de gains sur le champ de bataille et que le soutien extérieur continuera de leur permettre de poursuivre leurs objectifs par la force ».
Les livraisons d’armes se poursuivent, tandis que les factions continuent de recruter des combattants. Pour l’ONU, le risque d’une nouvelle escalade dans les prochains mois demeure élevé. Les tensions aux frontières soudanaises font également craindre une extension régionale du conflit.
Mme DiCarlo a donc exhorté les puissances étrangères à employer leur influence pour arrêter les combats plutôt que les alimenter. Une mise en garde qui intervient alors que les divisions internationales persistent. Le 8 octobre, le Conseil de sécurité s’est contenté de prolonger de deux mois le régime de sanctions visant le Soudan, faute d’accord sur un renforcement des mesures existantes.
© OIM La guerre au Soudan a engendré des déplacements massifs de population, tant à l’intérieur du pays qu’au-delà de ses frontières.
Une diplomatie sans résultats décisifs
Les efforts de médiation n’ont pourtant pas cessé. L’ONU travaille avec le Quartet formé des États-Unis, de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour obtenir une trêve humanitaire. Parallèlement, son envoyé personnel pour le Soudan, Pekka Haavisto, multiplie les contacts avec les belligérants.
Quelques avancées limitées ont été enregistrées. Les deux camps ont constitué des comités chargés d’examiner d’éventuelles libérations unilatérales de détenus et des échanges de prisonniers. L’ONU tente également, avec l’UNICEF, de garantir à tous les élèves soudanais l’accès à un examen national de fin d’études secondaires, indépendamment du territoire où ils vivent.
Ces initiatives pourraient préserver des perspectives d’avenir pour une génération dont la scolarité a été bouleversée par la guerre. Mais elles restent tributaires de la volonté des parties. « Le dialogue seul ne suffit pas. Le peuple soudanais a besoin de résultats », a insisté Mme DiCarlo.
Sur le terrain politique, les consultations menées auprès de représentants de la société civile font apparaître une aspiration commune : la fin des combats et le retour à un gouvernement dirigé par des civils.
Une nouvelle réunion des acteurs internationaux de la médiation est prévue la semaine prochaine à Genève. Elle devra tenter de rapprocher les initiatives diplomatiques, encore incapables d’infléchir les calculs militaires.
À l’approche de l’anniversaire de la chute d’El-Fasher, au Darfour, Mme DiCarlo a rappelé que les atrocités commises pendant cette guerre ne sauraient rester impunies. Son avertissement visait autant les belligérants que leurs soutiens : « Ceux qui continuent de les aider, de les armer, de les financer ou de les soutenir politiquement doivent subir des pressions bien plus fortes pour mettre fin à cette guerre ».
Retrouvez les temps forts de la réunion du Conseil grâce à la couverture en direct assurée par la Section de la couverture des réunions des Nations Unies :

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