Source: United Nations – in French 2
Headline: Maladies non transmissibles : le poids des inégalités de sexe et de revenus
20 octobre 2026 Santé
Tabagisme, alcool, pollution, dépistage : les risques liés aux maladies non transmissibles et l’accès aux soins varient fortement selon le sexe, les revenus et le lieu de résidence, souligne un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces maladies, dont les cancers, les affections cardiovasculaires et respiratoires ou le diabète, sont responsables de près des trois quarts des décès dans le monde.
Tout le monde n’est pas exposé aux mêmes risques face aux maladies non transmissibles (MNT), ni ne bénéficie des mêmes possibilités de prévention, de dépistage et de traitement. Fondé sur des données nationales recueillies au cours de la dernière décennie, un nouveau rapport de l’OMS met en évidence le poids des inégalités sociales et économiques dans la répartition de ces risques et l’accès aux soins.
Les revenus, le niveau d’éducation, le sexe, l’âge et le lieu de résidence influencent notamment l’exposition aux facteurs de risque et la capacité à bénéficier des services de santé, relève l’agence sanitaire des Nations Unies.
« Nous savons que des inégalités sont présentes dans tous les aspects de la santé (…). Mais les résultats montrent quelles populations sont laissées pour compte, mais aussi dans quels cas le manque de données sur les inégalités entrave notre compréhension de ces dernières », a déclaré le Dr Ahmad Reza Hosseinpoor, responsable de l’équipe de suivi des inégalités en matière de santé à l’OMS.
Le tabac et l’alcool, davantage consommés par les hommes
Les disparités entre les sexes apparaissent notamment dans la consommation de tabac et d’alcool. Selon le rapport, le tabagisme concerne 32,5 % des hommes, contre 6,6 % des femmes. La consommation d’alcool est également plus répandue chez les hommes, avec un taux de 52,2 %, contre 35,4 % chez les femmes.
Les écarts varient aussi selon le niveau de revenus et d’éducation. Dans les pays étudiés, principalement des pays en développement, la consommation d’alcool est plus élevée parmi les personnes les plus aisées que chez les plus pauvres (26,3 % contre 19,2 %). À l’inverse, le tabagisme est davantage répandu chez les hommes les plus défavorisés : 25,5 %, contre 12,9 % chez les plus favorisés.
© UNICEF/Vlad Sokhin Un consommateur en Mongolie mange un dessert sucré.
Les femmes les plus pauvres moins dépistées
Les inégalités se manifestent également dans la prévention et le dépistage. Dans l’ensemble des pays étudiés, les femmes les plus pauvres et les moins instruites sont moins susceptibles de bénéficier d’un dépistage du cancer du col de l’utérus.
Les facteurs de risque liés aux modes de vie présentent eux aussi des différences. Les femmes affichent des taux plus élevés d’obésité et de mauvaise alimentation, cette dernière concernant 18,4 % d’entre elles, contre 13,8 % des hommes. Elles sont également plus nombreuses à manquer d’activité physique : 33,8 %, contre 28,7 % des hommes.
L’hypertension est, en revanche, légèrement plus fréquente chez les hommes, avec un taux de 34,5 %, contre 31,7 % chez les femmes. L’OMS souligne que les taux plus élevés de diagnostic et de traitement chez les femmes pourraient contribuer à expliquer cet écart.
Les inégalités économiques pèsent aussi sur l’exposition à la pollution. Ainsi, 99,9 % des personnes les plus pauvres sont exposées à la pollution liée à l’utilisation de combustibles pour cuisiner, contre 21,4 % des plus riches.
Ville et campagne, des expositions différentes
Le lieu de résidence joue également un rôle important. Les ménages ruraux peuvent être davantage exposés à la pollution de l’air intérieur, tandis que les habitants des villes sont souvent plus exposés à la pollution atmosphérique extérieure.
Dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, les populations rurales ont aussi moins facilement accès au diagnostic et au traitement de l’hypertension, ainsi qu’au dépistage du cancer du col de l’utérus.
Les habitants des zones urbaines présentent par ailleurs des taux plus élevés de consommation d’alcool, d’obésité et d’inactivité physique. En revanche, les taux de tabagisme diffèrent peu entre les villes et les campagnes.
Le rapport examine également les liens entre les facteurs de risque des MNT et d’autres formes de vulnérabilité, notamment le chômage, le handicap et le statut migratoire.
Alors que les pays s’efforcent d’atteindre les objectifs mondiaux de lutte contre ces maladies, l’OMS appelle à mieux cibler les politiques de prévention, de dépistage, de diagnostic et de traitement afin de répondre aux besoins des populations qui rencontrent les plus grands obstacles à l’accès aux soins.
L’agence onusienne espère que ces données permettront aux États membres de mieux adapter leurs politiques de santé, de repérer les lacunes dans la couverture sanitaire et de mesurer les progrès accomplis, afin que les bénéfices des interventions de santé publique profitent à toutes les catégories de la population.
