Source: United Nations – in French 2
Headline: Ebola en RDC : un essai vaccinal lancé alors que les cas dépassent les 10 000
27 octobre 2026 Santé
Alors que l’épidémie d’Ebola a dépassé les 10 000 cas confirmés en République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé le lancement d’un essai clinique destiné à évaluer des candidats-vaccins contre le virus de Bundibugyo. Baptisé « Tumaini », qui signifie « espoir » en swahili, cet essai a débuté vendredi à Bunia, dans la province de l’Ituri, avec la vaccination de quatre premiers participants.
L’objectif est d’évaluer la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité des vaccins, c’est-à-dire leur capacité à déclencher une réponse immunitaire. Deux candidats-vaccins spécifiquement conçus contre le virus de Bundibugyo doivent être évalués dans le cadre de cet essai, conduit par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC.
Le protocole repose sur la vaccination en anneau, une stratégie qui consiste à vacciner les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés et considérées comme particulièrement exposées au risque d’infection.
L’OMS souligne que l’essai sera mené dans le respect des exigences scientifiques et éthiques, notamment en matière de consentement éclairé et de participation des communautés locales.
Un intérêt croissant des communautés
Les deux co-chercheurs principaux, le docteur Hugo Kavunga, de l’INRB, et le docteur Jean-Pierre Van Geertruyden, de l’Université d’Anvers, supervisent les travaux afin d’en garantir la rigueur scientifique et de faciliter leur déploiement.
« Nous réfléchissons déjà à la manière de passer d’un site à plusieurs sites en nous appuyant sur des équipes de sensibilisation communautaire », a déclaré depuis Bunia la Dre Meg Doherty, directrice du Département des sciences pour la santé de l’OMS.
Sur le terrain, les équipes sanitaires constituent progressivement des cercles de personnes exposées au virus, comprenant notamment les proches des patients et les personnes susceptibles d’avoir été contaminées par d’autres voies. Deux cercles étaient déjà opérationnels cette semaine, tandis que plusieurs autres étaient en préparation, selon l’OMS.
L’essai suscite également des attentes au sein de la population. « Des membres de la communauté se présentent déjà sur le site pour demander à être recrutés, ce qui souligne le besoin urgent d’un vaccin efficace », a ajouté la Dre Doherty.
Les premiers résultats pourraient prendre plusieurs mois, selon l’OMS. Les données recueillies doivent aider les autorités sanitaires à déterminer si ces candidats-vaccins pourraient contribuer à endiguer l’épidémie actuelle et à prévenir de futures flambées.
Deux autres candidats-vaccins à l’étude
En parallèle, deux groupes consultatifs techniques réunis par l’OMS ont examiné la semaine dernière les données disponibles sur deux autres candidats-vaccins contre le virus de Bundibugyo : le ChAdOx1, mis au point par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India, et le mRNA-1469, développé par Moderna. Leurs recommandations sont attendues cette semaine.
La vaccination en anneau avait déjà été utilisée lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, il y a dix ans. Cette stratégie avait contribué à établir l’efficacité du vaccin Ervebo contre le virus Ebola de l’espèce Zaïre. Son efficacité contre le virus de Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle, n’est toutefois pas établie.
© OCHA / Ramatoulaye Moussa Maz Des membres d’une équipe communautaire se préparent à procéder à l’inhumation d’une personne décédée d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Plus de 4 800 décès recensés
Le lancement de l’essai intervient alors que l’épidémie continue de faire des ravages en RDC. Selon les autorités sanitaires congolaises, le pays recensait, au 25 octobre, 10 060 cas confirmés et 4 887 décès, soit un taux de létalité de 48,6 %. Au total, 2 684 personnes avaient guéri.
L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, avec 7 211 cas confirmés et 3 370 décès, soit environ 71 % des cas recensés dans le pays. Le Nord-Kivu figure également parmi les provinces les plus touchées, avec 2 309 cas et 1 293 décès.
Depuis le début de l’épidémie, en mai, 66 zones de santé réparties dans huit provinces ont été touchées. La mise au point de vaccins adaptés au virus de Bundibugyo constitue ainsi un enjeu majeur pour renforcer la riposte à cette flambée et mieux prévenir de futures épidémies.
