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IA et éducation: les élèves prennent la parole et le public répond présent

IA et éducation: les élèves prennent la parole et le public répond présent

Source: Switzerland – Canton Government of Geneva in French

Plus de 12 400 élèves ont répondu au sondage du DIP sur l’intelligence artificielle. Leurs réponses ont nourri la table ronde publique IA et éducation, qui a réuni plus de 600 personnes à Uni Dufour hier soir.

La soirée a été ouverte par Anne Hiltpold, conseillère d’Etat chargée du département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP), qui a placé son année présidentielle 2026-2027 sous le thème de l’intelligence artificielle et de l’éducation.

“Face à l’irruption de l’IA dans notre quotidien et tout particulièrement dans celui des jeunes, l’école a une responsabilité évidente. Je ne voulais pas que nous abordions cette responsabilité uniquement du point de vue des adultes, des institutions ou des spécialistes. Il me semblait essentiel de commencer par écouter celles et ceux qui sont directement concernés: les élèves!”, explique Anne Hiltpold, conseillère d’Etat chargée du DIP.

La parole des élèves au centre

Le projet “IA et éducation” vise à donner la parole aux élèves afin de mieux comprendre leur rapport à l’intelligence artificielle, leurs usages, leurs préoccupations et leurs attentes vis-à-vis de l’école. Dans ce cadre, un questionnaire a été proposé aux élèves de l’enseignement primaire (7P-8P), du cycle d’orientation (CO), de l’enseignement secondaire II (ESII) et de l’office médico-pédagogique.  

Elaboré avec des spécialistes de l’éducation et de l’intelligence artificielle ainsi qu’avec les membres du Conseil de la jeunesse, ce sondage avait pour objectif de mieux cerner la manière dont les jeunes utilisent l’IA et la façon dont ils perçoivent son rôle. Le but était également de connaître leurs attentes quant à la place de ces outils dans leurs apprentissages et à l’accompagnement que l’école devrait leur proposer.

Au total, plus de 12 400 réponses ont été collectées: 7178 au cycle d’orientation, 3365 en 7P-8P et 1910 à l’ESII. En ce qui concerne les réponses des élèves de l’enseignement spécialisé, elles ont été intégrées dans les réponses par ordre d’enseignement. Toutes ces réponses ont servi de point de départ aux échanges de la soirée.

Ce que disent les élèves

  • L’IA fait partie de leur univers: 95% des élèves de 7P-8P ont déjà entendu parler de l’IA. Au cycle d’orientation, ChatGPT est connu de 96% des répondantes et répondants. 62,7% des élèves de l’ESII utilisent l’IA tous les jours ou plusieurs fois par semaine. Seuls 4,5% déclarent ne jamais l’utiliser.
  • Conscience des risques: au CO, 61% des élèves se préoccupent du risque de recevoir de fausses informations et 49% de moins apprendre ou moins réfléchir par eux-mêmes. Face à un doute, plus de la moitié vérifient auprès d’une autre source. A l’ESII, 61,2% des élèves craignent de moins apprendre ou de moins réfléchir et 58,8% d’être dépendants de l’IA.
  • Apprendre reste essentiel: 70% des élèves du CO estiment qu’il est important d’apprendre par soi-même, même si une IA peut donner facilement la réponse. En 7P-8P, la proportion atteint 81%. 68% des élèves de l’ESII considèrent que l’IA peut les aider à apprendre, mais 83,2% réaffirment l’importance d’apprendre par soi-même.
  • Un besoin de clarté: seul un quart des élèves déclare savoir clairement ce qui est autorisé avec l’IA pour son travail scolaire. Près de 40% au CO et 44% en 7P-8P ignorent s’il existe des règles. 49,3% des élèves de l’ESII souhaitent que l’école mette un outil d’IA à disposition et 49% souhaitent des cours pour apprendre à l’utiliser.
  • Des attentes d’accompagnement: les élèves demandent notamment à apprendre à vérifier les réponses d’une IA, à l’utiliser efficacement et à protéger leurs données personnelles. Près de 80% des élèves de 7P-8P sondés aimeraient utiliser l’IA à l’école pour rechercher des informations. 54,5% des élèves de l’ESII souhaiteraient apprendre à vérifier les réponses et 49,5% à repérer erreurs et biais.
  • Des préoccupations qui dépassent l’école: les élèves s’interrogent aussi sur les conséquences de l’IA pour l’environnement, l’emploi, la protection des données personnelles et la place de l’humain. Les réponses des élèves démontrent que l’IA n’est plus un objet extérieur à l’école: elle fait déjà partie du quotidien d’une majorité des élèves, y compris en classe, en ce qui concerne l’ESII. Mais cette utilisation n’est pas synonyme de confiance aveugle. Les élèves identifient clairement des risques et réaffirment très fortement l’importance d’apprendre par eux-mêmes.

L’attente adressée à l’école apparaît donc moins comme une demande de généralisation technologique que comme une demande de cadre et de compétences: savoir vérifier, repérer les biais, protéger ses données, comprendre les effets de l’IA et savoir quand l’utiliser ou ne pas l’utiliser. 

Une soirée pour débattre avec des spécialistes de premier plan

Lors de cette table ronde publique, des élèves ont échangé avec des spécialistes de l’intelligence artificielle et de l’éducation sur des questions issues du sondage: “Comment peut-on faire confiance à l’intelligence artificielle?”, “Comment apprendre avec l’IA sans lui déléguer ce qui nous permet de réfléchir, de comprendre et de progresser?”, “Comment l’IA peut-elle nous aider à développer notre curiosité et notre capacité à réfléchir?” ou encore “Comment imaginer le monde de demain avec l’IA?”. Des questions préparées en amont par les classes ont également nourri les échanges entre élèves, expertes et experts.

Ont participé à la table ronde: Hugo Duminil-Copin (professeur ordinaire, section de mathématiques, UNIGE), Julien Deonna (professeur ordinaire, département de philosophie, UNIGE), Gaëlle Molinari (professeure associée, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation – TECFA, FPSE, UNIGE), Francesco Mondada (professeur titulaire et directeur académique, Centre des sciences de l’apprentissage, EPFL), Charlyne Restivo (coordinatrice de programme, UIT), Nicolas Szilas (maître d’enseignement et de recherche, FPSE, TECFA, UNIGE), David Sander (professeur, FPSE et directeur du Centre interfacultaire en sciences affectives, UNIGE), Emmanuel Sander (professeur ordinaire, FPSE, UNIGE), Eric Vanoncini (enseignant, DIP), Fanny Boitard (enseignante, DIP) et trois membres du Conseil de la jeunesse: Alex Martins, Sarah Rouru et Michael Böhm.

Les résultats du sondage et les discussions de cette soirée permettront au DIP d’approfondir plusieurs thématiques dans les établissements et de poursuivre la construction d’une culture commune, critique et responsable de l’intelligence artificielle.

Table ronde à voir ou revoir sur Léman Bleu

La table ronde sera diffusée sur la chaîne de Léman Bleu le samedi 31 octobre de 19h00 à 21h00, puis rediffusée le dimanche 1er novembre de 20h30 à 22h30. Dans l’intervalle, vous pouvez la visionner sur le site Internet de Léman Bleu.

Pour toute information complémentaire aux médias: M. Julien Thorens, secrétaire général adjoint chargé de la communication, DIP, T. 079 227 03 08.

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