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Une nouvelle étude révèle que les coupes à blanc peuvent accroître considérablement les risques d’inondation

Une nouvelle étude révèle que les coupes à blanc peuvent accroître considérablement les risques d’inondation

Source: The Conversation – in French – By Spencer Pearson-Atkins, PhD Candidate, Civil Engineering, University of British Columbia

Les activités humaines qui modifient le territoire peuvent aggraver les inondations et en augmenter la fréquence. (Matt Palmer/Unsplash)

Au cours des 30 dernières années, les inondations ont affecté plus de 2,8 milliards de personnes dans le monde et ont entraîné plus de 500 000 décès. Au Canada, elles ont causé des dommages importants évalué à des dizaines de milliards de dollars, et perturbé la vie de nombreuses collectivités.

Les activités humaines qui transforment le territoire peuvent aggraver l’ampleur des inondations et en accroître la fréquence. Notre récente étude démontre que les coupes à blanc peuvent augmenter considérablement les risques d’inondation. Des événements qui se produisaient une fois tous les 50 ans ont désormais lieu tous les trois ans. Les inondations les plus importantes et les plus rares sont celles qui réagissent le plus aux perturbations des forêts.

Nous avons étudié un bassin versant situé sur la rive ouest du lac Okanagan, à proximité de Summerland, en Colombie-Britannique. Environ 40 % de cette zone a été exploitée à des fins forestières, ce qui ne constitue pas une exception, car les coupes à blanc transforment le paysage de la Colombie-Britannique.

Nous avons constaté qu’en l’absence de déboisement, la diminution de la fonte des neiges causait une réduction des risques d’inondation. Cependant, après des coupes à blanc, cette tendance s’inverse, entraînant une hausse significative de ces risques.

Les inondations sont devenues plus fréquentes dans toute la Colombie-Britannique, ce qui engendre des coûts exorbitants pour les contribuables. Afin de répondre à ces défis, il est essentiel de bien connaître les facteurs influençant les risques d’inondation.

Il est crucial de bien comprendre le lien entre les activités humaines sur l’ensemble du territoire et les risques qui y sont associés pour prendre des décisions éclairées permettant d’atténuer les risques et de réduire les coûts qui en résultent.

Des inondations plus importantes et plus fréquentes

arbres situés à proximité d’une zone forestière exploitée
La capacité des forêts à atténuer ou à accroître le risque d’inondation dans une région dépend grandement de la manière dont l’exploitation forestière y est menée.
(Peter Robbins/Unsplash)

Dans les zones montagneuses où les inondations sont provoquées par la fonte des neiges, le déboisement peut modifier le moment de la fonte. De plus, il entraîne la formation de couches de neige plus épaisses qui fondent plus rapidement s’il n’y a pas d’ombre. En règle générale, lorsque les coupes forestières causent une synchronisation de la fonte des neiges, le risque d’inondation augmente.

Les rapports scientifiques et gouvernementaux indiquent souvent que les inondations de faible et de moyenne ampleur sont influencées par l’exploitation forestière, contrairement aux inondations de grande ampleur. Notre étude révèle plutôt l’inverse : ce sont les inondations les plus importantes et les plus rares qui sont davantage touchées par le déboisement.

Ce phénomène s’explique en grande partie par la topographie du site que nous avons étudié et par la répartition des activités d’exploitation forestière sur celui-ci. La région présente principalement des pentes orientées vers le sud et le sud-est, et l’exploitation forestière se déroule dans des zones situées à moyenne et haute altitude. C’est précisément l’orientation et l’altitude des sites qui ont entraîné d’importants changements dans les risques d’inondation.

Dans notre étude, nous avons constaté qu’une inondation qui se produisait auparavant tous les 20 ans se produit désormais tous les deux ans. Une autre étude menée au Colorado a révélé qu’après un abattage d’une ampleur similaire (40 % de la superficie), les inondations qui avaient lieu tous les 20 ans adviennent maintenant tous les 12 ans.

La capacité des forêts à atténuer ou à accroître les risques d’inondation dépend grandement de la manière dont l’exploitation forestière y est réalisée. L’emplacement où l’on procède à des coupes est souvent plus important que le nombre d’arbres abattus.

Déboisement et changements climatiques

Un des avantages de notre étude est qu’elle nous a permis de distinguer les effets des changements climatiques de ceux du déboisement sur les risques d’inondation. Nos résultats contredisent l’idée voulant que les changements climatiques augmentent les risques d’inondation en Colombie-Britannique. S’ils influencent effectivement ces risques, il faut également tenir compte d’autres facteurs, comme les coupes.

Dans notre étude, nous avons constaté que les changements climatiques, en causant une réduction du couvert de neige, pouvaient entraîner une diminution du risque d’inondation dans une région donnée. Cependant, l’exploitation forestière ne fait pas que contrebalancer cette diminution, elle accroît en fait le risque global d’inondation dans le bassin versant. Cette situation n’est probablement pas un cas isolé, car le manteau neigeux est réduit dans tout le sud de la Colombie-Britannique ainsi que dans le centre intérieur de la province en raison des changements climatiques.

Sans moyen de distinguer les différents facteurs influençant les risques d’inondation, nos résultats auraient montré un impact moindre de l’exploitation forestière, en raison de la diminution des risques entraînés par les changements climatiques.

Bien qu’il soit largement établi que les changements climatiques affectent les risques d’inondation, l’un des principaux cadres de prévision des inondations utilisés dans la pratique professionnelle, soit l’analyse de la fréquence des inondations, présuppose que les facteurs climatiques demeurent constants dans le temps.

Dans les recherches étudiant les répercussions de l’exploitation forestière sur les risques d’inondation, on part souvent de cette même hypothèse. Cette limite nous a incités à mettre au point une méthodologie permettant de distinguer les facteurs qui influencent les risques d’inondation.

Responsabilités légales, évaluations publiques

La responsabilité légale liée au déboisement et aux inondations est considérable. Des collectivités ont engagé des recours collectifs contre des gouvernements et l’industrie forestière. Pour éviter de telles situations, les entreprises et les gouvernements doivent faire preuve de plus de prudence dans la planification forestière. Cela permettra d’éviter que le public doive supporter les coûts imprévus engendrés par les catastrophes.


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La meilleure façon d’abattre des arbres sans accroître les risques d’inondation varie d’un bassin versant à l’autre. Notre article indique que c’est la répartition des zones de coupe qui détermine l’impact sur les risques d’inondation, et non le nombre total d’arbres abattus ou la superficie exploitée. En prenant les bonnes décisions, il est possible, dans certains cas, d’atténuer les risques.

Actuellement, les évaluations des bassins versants réalisées par des professionnels avant les opérations forestières ne sont généralement pas accessibles au public et ne sont même pas toujours exigées. La Colombie-Britannique a besoin d’une évaluation plus rigoureuse et juridiquement contraignante des risques avant toute coupe forestière.

Ces évaluations devraient être publiques et effectuées par des professionnels qualifiés et indépendants. Si les gouvernements et l’industrie ne tiennent pas compte des risques, ce sont les résidents du pays, les Premières Nations, les gouvernements et les contribuables qui paieront les frais des inondations causées par l’exploitation forestière.

La Conversation Canada

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Une nouvelle étude révèle que les coupes à blanc peuvent accroître considérablement les risques d’inondation – https://theconversation.com/une-nouvelle-etude-revele-que-les-coupes-a-blanc-peuvent-accroitre-considerablement-les-risques-dinondation-287014

Original source: https://submissions.mil-osi.com/2026/11/06/une-nouvelle-etude-revele-que-les-coupes-a-blanc-peuvent-accroitre-considerablement-les-risques-dinondation-287014/