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Hypothyroïdie en France : en baisse chez les adultes, en hausse chez les nourrissons, des disparités géographiques inexpliquées

Hypothyroïdie en France : en baisse chez les adultes, en hausse chez les nourrissons, des disparités géographiques inexpliquées

Source: The Conversation – France (in French) – By Sylvain Chamot, MD, PhD, Péritox (UMR_I 01 UPJV/INERIS) & CRPPE HDF, CHU Amiens Picardie, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

En France, sur la période 2014-2019, l’incidence de l’hypothyroïdie acquise a marqué un net recul. Les formes congénitales de cette pathologie, aux conséquences potentiellement lourdes en matière de développement, sont en revanche en augmentation chez les nouveau-nés de sexe féminin. Les raisons de cet accroissement sont encore floues, même si l’implication de polluants environnementaux ne peut être écartée.


Fatigue persistante, prise de poids inexpliquée ou troubles de la concentration sont autant de symptômes de l’hypothyroïdie. Ce trouble se manifeste lorsque la glande thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones thyroïdiennes. En France, il touche environ 2 % de la population française.

Afin de prendre la mesure de la situation, nous avons procédé à un état des lieux de l’incidence, c’est-à-dire du nombre de nouveaux cas survenant sur une période donnée, de l’hypothyroïdie en France sur la période 2014-2019, en analysant les données du Système national des Données de Santé.

Nos résultats ont mis en évidence une diminution de l’hypothyroïdie chez les adultes sur cette période, mais une augmentation chez les nouveau-nés, en particulier de sexe féminin.

Qu’est-ce que l’hypothyroïdie ?

La thyroïde est une petite glande de 5 cm de diamètre en forme de papillon située dans la partie superficielle du cou, en avant de la trachée au niveau du larynx. Modeste par sa taille, elle joue néanmoins un rôle majeur dans notre organisme. Elle produit en effet les hormones thyroïdiennes, qui interviennent dans le développement, la croissance et le métabolisme de la majorité des tissus du corps humain.

De ce fait, un déficit d’hormones thyroïdiennes, ou hypothyroïdie peut avoir de lourdes conséquences sur la santé des personnes concernées. Un tel déficit peut survenir à l’âge adulte, ou être congénital, autrement dit être présent dès la naissance.

Chez les adultes, les causes de l’hypothyroïdie peuvent être diverses. Au niveau mondial, la carence en iode est la première cause d’hypothyroïdie (en général dans les pays à faible revenu). Dans les pays de niveau socio-économique plus élevé comme la France, où l’alimentation contient normalement suffisamment d’iode si on consomme du sel iodé (et non du sel artisanal), la principale cause est une maladie auto-immune, la thyroïdite d’Hashimoto (le système immunitaire s’attaque à l’organisme).

Les formes d’hypothyroïdie congénitale peuvent quant à elles être soit transitoires (ce qui signifie que l’enfant n’a besoin d’un traitement qu’au début de sa vie), soit, plus fréquemment, permanentes. Dans les deux tiers de ces cas, la glande thyroïde a un aspect anormal ou est absente, et le traitement devra être pris à vie.

Un déficit en hormones thyroïdiennes pouvant se traduire par des retards de croissance et de développement (notamment du cerveau), l’hypothyroïdie est systématiquement recherchée chez les nouveau-nés au 3e jour de vie.

Un nombre de cas en recul chez les adultes

Nos travaux ont mis en évidence une diminution significative de l’incidence de l’hypothyroïdie chez les adultes des deux sexes entre 2014 et 2019 .

Chez les femmes, l’incidence de l’hypothyroïdie est passée de 535,7 pour 100 000 personnes par an en 2014 à 335,5 en 2019. Chez les hommes, son incidence a diminué de 197,5 à 141,7 pour 100 000 personnes par an sur la même période. Ce phénomène a également été constaté très récemment au Royaume-Uni.

Évolution de l’incidence de l’hypothyroïdie de l’adulte sur 2014-2019 avec les intervalles de confiance.
DR, Fourni par l’auteur

Entre 15 et 75 ans, on constate que l’incidence de cette maladie chez les femmes est deux à trois fois plus importante que chez les hommes. La prédominance féminine des maladies auto-immunes comme la thyroïdite d’Hashimoto est connue et tient à plusieurs phénomènes combinés.

La fréquence de l’hypothyroïdie augmente également avec l’âge des individus. Il faut souligner que l’origine de l’hypothyroïdie est multifactorielle : elle n’est pas seulement auto-immune, mais peut aussi être le résultat de carences, ou plus rarement de traitements médicaux (hypothyroïdies dites « iatrogènes »). Par ailleurs, le taux de TSH augmente à mesure que l’on avance en âge, ce qui témoigne du vieillissement de la glande thyroïde.

Nouveau-nés : une augmentation de l’hypothyroïdie chez les filles

En 2014, l’incidence de l’hypothyroïdie transitoire était de 17,9 pour 100 000 naissances chez les filles et de 18,4 chez les garçons. Elle a peu varié entre 2014 et 2019.

La situation est différente en ce qui concerne l’incidence des diverses formes d’hypothyroïdie congénitale permanente chez les nouveau-nés de sexe féminin. En effet, leur fréquence a augmenté de 8,9 % par an en France : de 36,9 cas pour 100 000 naissances par an en 2014, elle est passée à 51 cas pour 100 000 naissances par an en 2019.

Évolution de la fréquence de l’hypothyroïdie congénitale permanente sur 2014-2019 avec les intervalles de confiance.
DR, Fourni par l’auteur

Par ailleurs, les données analysées indiquent que l’hypothyroïdie congénitale permanente est 1,5 à 2 fois moins fréquente chez les garçons que chez les filles (38,3 pour 100 000 naissances par an chez les garçons en 2019). Ce phénomène d’augmentation est également observé ailleurs dans le monde, même si son origine reste un sujet de débat parmi les experts.

Des disparités géographiques marquées en France

Répartition géographique des cluster d’’hypothyroïdie de la femme.
DR, Fourni par l’auteur

La répartition des cas d’hypothyroïdie, chez l’adulte comme chez l’enfant, n’apparaît pas homogène sur le territoire métropolitain. Nous avons pu mettre en évidence, chez les femmes, de véritables clusters, c’est-à-dire des regroupements géographiques distincts, où l’incidence de l’hypothyroïdie était plus importante.

Répartition géographique des cas l’hypothyroïdie congénitale permanente de la fille.
Sylvain Chamot – DR, Fourni par l’auteur

Chez le nouveau-né, nous n’avons pas pu faire de recherche de clusters du fait de la rareté de la maladie. Nous avons néanmoins constaté que, comme chez l’adulte, certaines (ex-)régions, comme le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine, figurent parmi les plus touchées par l’hypothyroïdie.

Comment s’explique cette situation ?

L’une des principales explications en ce qui concerne la diminution d’incidence de l’hypothyroïdie chez les adultes est l’application des recommandations de bonne pratique en matière de diagnostic, édictées en 2007. Leur objectif était de réduire le surtraitement de l’hypothyroïdie fruste dont le diagnostic n’est pas toujours confirmé, autrement dit éviter que le traitement soit utilisé par excès.

Il faut savoir qu’avant cette période, dans environ 30 % des cas, le traitement contre l’hypothyroïdie était initié sur la seule base des signes cliniques, sans dosage de la thyréostimuline, ou TSH. Depuis 2007, les médecins sont encouragés à établir leur diagnostic en recourant à un algorithme décisionnel qui utilise la mesure de la TSH (hormone stimulant la thyroïde).

Produite par l’hypophyse (une petite glande située à la base du cerveau), la TSH régule la sécrétion d’hormones thyroïdiennes. Lorsque la thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones, l’hypophyse augmente la production de TSH, ce qui stimule la thyroïde. À l’inverse, lorsque la thyroïde produit trop d’hormones, l’hypophyse réduit la production de TSH, ce qui freine la fabrication d’hormones thyroïdiennes. Un taux anormalement élevé de TSH peut donc être un signe d’hypothyroïdie.

En ce qui concerne l’hypothyroïdie congénitale, les causes sont à ce jour mal connues. On sait que la génétique n’explique qu’environ 5 % des cas des cas où la thyroïde a un aspect anormal ou est absente.).

L’exposition environnementale aux perturbateurs endocriniens en cause ?

Chez les femmes, l’augmentation de la fréquence de l’hypothyroïdie congénitale permanente, ainsi que les disparités géographiques observées, soulèvent des questions quant à l’impact potentiel des expositions environnementales sur ces phénomènes.

Les études scientifiques révèlent qu’il existe des associations entre les niveaux de TSH des nouveau-nés et l’exposition prénatale à divers polluants présents dans l’air extérieur ou l’eau potable : nitrate, perchlorate, particules PM2,5 et PM10, polychlorobiphényls (PCB), dioxines, pesticides organochlorés…

À l’heure actuelle, cependant, aucune étude ne s’est penchée sur les liens directs entre l’incidence de l’hypothyroïdie et les déterminants environnementaux en France. C’est l’un des objectifs de notre projet [« Exposome et thyroïde » (EXPOTHYR)],lauréat de l’appel à projets commun du Health Data Hub et du Green Data for Health, 2ᵉ vague.

Dans EXPOTHYR, les données d’incidence de l’hypothyroïdie sur 2016-2022, là encore extraite du Système national des Données de Santé, seront croisées avec différents paramètres susceptibles d’influer sur la survenue de la maladie : pollution de l’eau, qualité de l’air, utilisation de pesticides, occupation des sols, végétalisation, ainsi que divers indicateurs socio-économiques.

Ce projet devrait mener à une meilleure connaissance des déterminants de la maladie. Soulignons que l’ensemble des données et des scripts utilisés au cours de ces travaux, dont les résultats feront en outre l’objet de publications scientifiques, seront mis à disposition de la communauté à la fin du projet, en « open access ».

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Hypothyroïdie en France : en baisse chez les adultes, en hausse chez les nourrissons, des disparités géographiques inexpliquées – https://theconversation.com/hypothyro-die-en-france-en-baisse-chez-les-adultes-en-hausse-chez-les-nourrissons-des-disparites-geographiques-inexpliquees-243764

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Hypothyroïdie en France : en baisse chez les adultes, en hausse chez les nourrissons, des disparités géographiques inexpliquées

Source: The Conversation – France (in French) – By Sylvain Chamot, MD, PhD, Péritox (UMR_I 01 UPJV/INERIS) & CRPPE HDF, CHU Amiens Picardie, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

En France, sur la période 2014-2019, l’incidence de l’hypothyroïdie acquise a marqué un net recul. Les formes congénitales de cette pathologie, aux conséquences potentiellement lourdes en matière de développement, sont en revanche en augmentation chez les nouveau-nés de sexe féminin. Les raisons de cet accroissement sont encore floues, même si l’implication de polluants environnementaux ne peut être écartée.


Fatigue persistante, prise de poids inexpliquée ou troubles de la concentration sont autant de symptômes de l’hypothyroïdie. Ce trouble se manifeste lorsque la glande thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones thyroïdiennes. En France, il touche environ 2 % de la population française.

Afin de prendre la mesure de la situation, nous avons procédé à un état des lieux de l’incidence, c’est-à-dire du nombre de nouveaux cas survenant sur une période donnée, de l’hypothyroïdie en France sur la période 2014-2019, en analysant les données du Système national des Données de Santé.

Nos résultats ont mis en évidence une diminution de l’hypothyroïdie chez les adultes sur cette période, mais une augmentation chez les nouveau-nés, en particulier de sexe féminin.

Qu’est-ce que l’hypothyroïdie ?

La thyroïde est une petite glande de 5 cm de diamètre en forme de papillon située dans la partie superficielle du cou, en avant de la trachée au niveau du larynx. Modeste par sa taille, elle joue néanmoins un rôle majeur dans notre organisme. Elle produit en effet les hormones thyroïdiennes, qui interviennent dans le développement, la croissance et le métabolisme de la majorité des tissus du corps humain.

De ce fait, un déficit d’hormones thyroïdiennes, ou hypothyroïdie peut avoir de lourdes conséquences sur la santé des personnes concernées. Un tel déficit peut survenir à l’âge adulte, ou être congénital, autrement dit être présent dès la naissance.

Chez les adultes, les causes de l’hypothyroïdie peuvent être diverses. Au niveau mondial, la carence en iode est la première cause d’hypothyroïdie (en général dans les pays à faible revenu). Dans les pays de niveau socio-économique plus élevé comme la France, où l’alimentation contient normalement suffisamment d’iode si on consomme du sel iodé (et non du sel artisanal), la principale cause est une maladie auto-immune, la thyroïdite d’Hashimoto (le système immunitaire s’attaque à l’organisme).

Les formes d’hypothyroïdie congénitale peuvent quant à elles être soit transitoires (ce qui signifie que l’enfant n’a besoin d’un traitement qu’au début de sa vie), soit, plus fréquemment, permanentes. Dans les deux tiers de ces cas, la glande thyroïde a un aspect anormal ou est absente, et le traitement devra être pris à vie.

Un déficit en hormones thyroïdiennes pouvant se traduire par des retards de croissance et de développement (notamment du cerveau), l’hypothyroïdie est systématiquement recherchée chez les nouveau-nés au 3e jour de vie.

Un nombre de cas en recul chez les adultes

Nos travaux ont mis en évidence une diminution significative de l’incidence de l’hypothyroïdie chez les adultes des deux sexes entre 2014 et 2019 .

Chez les femmes, l’incidence de l’hypothyroïdie est passée de 535,7 pour 100 000 personnes par an en 2014 à 335,5 en 2019. Chez les hommes, son incidence a diminué de 197,5 à 141,7 pour 100 000 personnes par an sur la même période. Ce phénomène a également été constaté très récemment au Royaume-Uni.

Évolution de l’incidence de l’hypothyroïdie de l’adulte sur 2014-2019 avec les intervalles de confiance.
DR, Fourni par l’auteur

Entre 15 et 75 ans, on constate que l’incidence de cette maladie chez les femmes est deux à trois fois plus importante que chez les hommes. La prédominance féminine des maladies auto-immunes comme la thyroïdite d’Hashimoto est connue et tient à plusieurs phénomènes combinés.

La fréquence de l’hypothyroïdie augmente également avec l’âge des individus. Il faut souligner que l’origine de l’hypothyroïdie est multifactorielle : elle n’est pas seulement auto-immune, mais peut aussi être le résultat de carences, ou plus rarement de traitements médicaux (hypothyroïdies dites « iatrogènes »). Par ailleurs, le taux de TSH augmente à mesure que l’on avance en âge, ce qui témoigne du vieillissement de la glande thyroïde.

Nouveau-nés : une augmentation de l’hypothyroïdie chez les filles

En 2014, l’incidence de l’hypothyroïdie transitoire était de 17,9 pour 100 000 naissances chez les filles et de 18,4 chez les garçons. Elle a peu varié entre 2014 et 2019.

La situation est différente en ce qui concerne l’incidence des diverses formes d’hypothyroïdie congénitale permanente chez les nouveau-nés de sexe féminin. En effet, leur fréquence a augmenté de 8,9 % par an en France : de 36,9 cas pour 100 000 naissances par an en 2014, elle est passée à 51 cas pour 100 000 naissances par an en 2019.

Évolution de la fréquence de l’hypothyroïdie congénitale permanente sur 2014-2019 avec les intervalles de confiance.
DR, Fourni par l’auteur

Par ailleurs, les données analysées indiquent que l’hypothyroïdie congénitale permanente est 1,5 à 2 fois moins fréquente chez les garçons que chez les filles (38,3 pour 100 000 naissances par an chez les garçons en 2019). Ce phénomène d’augmentation est également observé ailleurs dans le monde, même si son origine reste un sujet de débat parmi les experts.

Des disparités géographiques marquées en France

Répartition géographique des cluster d’’hypothyroïdie de la femme.
DR, Fourni par l’auteur

La répartition des cas d’hypothyroïdie, chez l’adulte comme chez l’enfant, n’apparaît pas homogène sur le territoire métropolitain. Nous avons pu mettre en évidence, chez les femmes, de véritables clusters, c’est-à-dire des regroupements géographiques distincts, où l’incidence de l’hypothyroïdie était plus importante.

Répartition géographique des cas l’hypothyroïdie congénitale permanente de la fille.
Sylvain Chamot – DR, Fourni par l’auteur

Chez le nouveau-né, nous n’avons pas pu faire de recherche de clusters du fait de la rareté de la maladie. Nous avons néanmoins constaté que, comme chez l’adulte, certaines (ex-)régions, comme le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine, figurent parmi les plus touchées par l’hypothyroïdie.

Comment s’explique cette situation ?

L’une des principales explications en ce qui concerne la diminution d’incidence de l’hypothyroïdie chez les adultes est l’application des recommandations de bonne pratique en matière de diagnostic, édictées en 2007. Leur objectif était de réduire le surtraitement de l’hypothyroïdie fruste dont le diagnostic n’est pas toujours confirmé, autrement dit éviter que le traitement soit utilisé par excès.

Il faut savoir qu’avant cette période, dans environ 30 % des cas, le traitement contre l’hypothyroïdie était initié sur la seule base des signes cliniques, sans dosage de la thyréostimuline, ou TSH. Depuis 2007, les médecins sont encouragés à établir leur diagnostic en recourant à un algorithme décisionnel qui utilise la mesure de la TSH (hormone stimulant la thyroïde).

Produite par l’hypophyse (une petite glande située à la base du cerveau), la TSH régule la sécrétion d’hormones thyroïdiennes. Lorsque la thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones, l’hypophyse augmente la production de TSH, ce qui stimule la thyroïde. À l’inverse, lorsque la thyroïde produit trop d’hormones, l’hypophyse réduit la production de TSH, ce qui freine la fabrication d’hormones thyroïdiennes. Un taux anormalement élevé de TSH peut donc être un signe d’hypothyroïdie.

En ce qui concerne l’hypothyroïdie congénitale, les causes sont à ce jour mal connues. On sait que la génétique n’explique qu’environ 5 % des cas des cas où la thyroïde a un aspect anormal ou est absente.).

L’exposition environnementale aux perturbateurs endocriniens en cause ?

Chez les femmes, l’augmentation de la fréquence de l’hypothyroïdie congénitale permanente, ainsi que les disparités géographiques observées, soulèvent des questions quant à l’impact potentiel des expositions environnementales sur ces phénomènes.

Les études scientifiques révèlent qu’il existe des associations entre les niveaux de TSH des nouveau-nés et l’exposition prénatale à divers polluants présents dans l’air extérieur ou l’eau potable : nitrate, perchlorate, particules PM2,5 et PM10, polychlorobiphényls (PCB), dioxines, pesticides organochlorés…

À l’heure actuelle, cependant, aucune étude ne s’est penchée sur les liens directs entre l’incidence de l’hypothyroïdie et les déterminants environnementaux en France. C’est l’un des objectifs de notre projet [« Exposome et thyroïde » (EXPOTHYR)],lauréat de l’appel à projets commun du Health Data Hub et du Green Data for Health, 2ᵉ vague.

Dans EXPOTHYR, les données d’incidence de l’hypothyroïdie sur 2016-2022, là encore extraite du Système national des Données de Santé, seront croisées avec différents paramètres susceptibles d’influer sur la survenue de la maladie : pollution de l’eau, qualité de l’air, utilisation de pesticides, occupation des sols, végétalisation, ainsi que divers indicateurs socio-économiques.

Ce projet devrait mener à une meilleure connaissance des déterminants de la maladie. Soulignons que l’ensemble des données et des scripts utilisés au cours de ces travaux, dont les résultats feront en outre l’objet de publications scientifiques, seront mis à disposition de la communauté à la fin du projet, en « open access ».

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Hypothyroïdie en France : en baisse chez les adultes, en hausse chez les nourrissons, des disparités géographiques inexpliquées – https://theconversation.com/hypothyro-die-en-france-en-baisse-chez-les-adultes-en-hausse-chez-les-nourrissons-des-disparites-geographiques-inexpliquees-243764

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