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Somalie : un enfant sur deux souffre de malnutrition aiguë dans les camps de Baidoa

Somalie : un enfant sur deux souffre de malnutrition aiguë dans les camps de Baidoa

Source: African Press Organisation in French

Source: Africa Press Organisation – French


Une enquête menée en juillet par Médecins Sans Frontières (MSF) révèle l’ampleur de la crise nutritionnelle qui frappe la Somalie, dans un contexte de désengagement des bailleurs internationaux. Dans les camps de personnes déplacées de Baidoa, un enfant sur deux souffre de malnutrition aiguë et une famille sur trois survit avec un seul repas par jour. Face à l’urgence, MSF lance l’alerte.

Une sécheresse historique et des déplacements massifs de population

Pour la troisième année consécutive, l’absence de pluies plonge la Somalie dans une situation critique. Privées d’eau, de nourriture, de récoltes et de bétail, des centaines de milliers de personnes ont dû tout abandonner derrière elles. Selon l’ONU, plus de 500 000 personnes ont été déplacées au cours du seul premier trimestre 2026. Parmi elles, neuf sur dix ont fui la sécheresse.

Dans la ville de Baidoa, MSF a enquêté auprès de 888 foyers répartis dans 14 camps de déplacés. Les résultats illustrent la gravité de la crise nutritionnelle : 
•    33 % des familles (une sur trois) ne prennent qu’un seul repas par jour.
•    Seulement 2 % des foyers parviennent à prendre trois repas quotidiens.

Explosion des admissions pour malnutrition aiguë chez les enfants

Depuis le début de l’année, plus de 21 000 enfants de moins de 5 ans ont été admis dans les centres de soins ambulatoires spécialisés dans la malnutrition aigüe soutenus par MSF à Baidoa, soit plus du double du nombre enregistré sur la même période en 2025.

Les hospitalisations ont également fortement augmenté : 2 890 enfants ont été pris en charge, soit 78 % de plus qu’un an plus tôt. Une hausse d’autant plus préoccupante que les chiffres de 2025 étaient déjà bien supérieurs à ceux de l’année précédente. La tendance se confirme dans la région de Mudug, où les admissions dans les services d’hospitalisation soutenus par MSF ont augmenté de 70 % en juin et juillet 2026.

À Baidoa, 85 % des personnes déplacées sont des femmes et des enfants, qui figurent parmi les plus gravement touchés par la malnutrition. Au cours des deux derniers mois seulement, MSF a pris en charge plus de 2 600 femmes enceinte et allaitantes. Lorsque les mères souffrent de malnutrition, les risques s’étendent à la santé de leurs bébés : avant la naissance, pendant l’accouchement et au cours des premiers mois de vie.

L’aide médicale sous pression face au retrait des bailleurs de fonds

Pour faire face à l’afflux de patients, MSF a triplé le nombre de lits de l’une de ses structures médicales, passant de 50 à 150 lits. Les équipes de MSF ont également distribué des articles de première nécessité et acheminé des camions d’eau potable pour les communautés déplacées de Mudug et de Baidoa. Mais les soins médicaux et l’aide d’urgence ne suffisent pas à eux seuls à répondre à l’ampleur de cette crise. « Un lit d’hôpital peut sauver un enfant, mais il ne peut pas le protéger s’il retourne dans un foyer où la nourriture, l’eau potable et les services de base manquent. Sans un soutien global, le cycle des rechutes et des réadmissions se poursuivra », explique Allara Ali, coordinatrice de projet MSF en Somalie.

« Nous sommes témoins d’une situation d’urgence extrêmement critique. C’est d’autant plus choquant de constater le manque de réactivité des bailleurs de fonds, qui continuent de réduire et de retirer leur soutien à la Somalie. Et lorsque d’autres acteurs tentent d’intervenir, leurs capacités sont très limitées à cause d’un manque flagrant de moyens financiers. »

Les États-Unis, qui étaient l’un des principaux bailleurs de fonds de la Somalie depuis des années, ont totalement suspendu leur aide en 2026, tandis que le Royaume-Uni a réduit son financement de moitié par rapport à 2025 (UNOCHA). En conséquence, le plan d’intervention humanitaire de la Somalie a été réduit de 40 % en 2026 et n’était financé qu’à moins d’un tiers en juillet. Ces coupes budgétaires fragilisent davantage un système de santé déjà à bout de souffle, contraint de répondre à une crise qui dépasse largement ses capacités.

L’appel d’urgence de MSF pour intensifier la réponse humanitaire

« La crise de malnutrition qui frappe le sud-ouest de la Somalie est un exemple flagrant de l’indifférence et de l’irresponsabilité de la communauté internationale, alors même que l’ampleur de cette crise devrait constituer un signal d’alarme évident », déclare Allara Ali. « Le monde ne peut pas attendre qu’une famine soit officiellement déclarée pour agir. »

Selon la dernière analyse de l’IPC (Integrated Food Security Phase Classification), environ 6 millions de personnes en Somalie – soit environ une personne sur trois – sont confrontées à des pénuries alimentaires. Parmi elles, près de 1,9 million de personnes se trouvent en situation d’urgence, ce qui signifie qu’elles ont besoin d’une aide immédiate.

MSF appelle les organisations internationales et les autorités sanitaires à intensifier sans délai la réponse d’urgence à Baidoa et dans les autres zones touchées de Somalie. Cette réponse doit être mieux coordonnée et dotée de moyens financiers suffisants pour renforcer la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère, en particulier chez les enfants présentant des complications médicales. Cela implique d’augmenter les capacités d’hospitalisation et les effectifs médicaux, tout en garantissant un approvisionnement continu en aliments thérapeutiques, médicaments et matériel médical. MSF demande également la mise en place urgente de campagnes de vaccination plus larges et mieux ciblées, afin d’atteindre les communautés les plus isolées et encore insuffisamment couvertes.

Distribué par APO Group pour Médecins sans frontières (MSF).

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