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7-Octobre : à l’ONU, Israël commémore ses morts sur fond de fortes tensions avec l’institution

7-Octobre : à l’ONU, Israël commémore ses morts sur fond de fortes tensions avec l’institution

Source: United Nations – in French 2
Headline: 7-Octobre : à l’ONU, Israël commémore ses morts sur fond de fortes tensions avec l’institution
6 octobre 2026 Paix et sécurité

Trois ans après l’attaque sanglante du Hamas, Israël a rendu hommage mardi, au siège des Nations Unies, aux victimes et aux survivants du 7-Octobre. Mais derrière les récits de captivité et de survie affleurait une autre histoire : celle d’une crise désormais profonde entre le pays et une institution qui l’accuse de graves violations à Gaza.

Il y eut une prière pour les morts, les récits de ceux qui avaient échappé au massacre et les applaudissements pour ceux qui avaient survécu à la captivité. Mardi, au siège des Nations Unies à New York, la commémoration du troisième anniversaire de l’attaque du 7-Octobre voulait raconter la résilience d’Israël. Elle a aussi donné la mesure du fossé qui s’est creusé entre le pays et une grande partie de l’ONU depuis trois ans.
Pour la première fois depuis l’attaque menée par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens, qui avait fait environ 1 200 morts et conduit à l’enlèvement de 251 personnes, l’anniversaire s’est déroulé sans qu’aucun otage, vivant ou mort, ne demeure à Gaza.
« Ils nous ont blessés. Ils ont laissé des cicatrices qui ne disparaîtront jamais complètement, mais ils ne nous ont pas brisés », a déclaré l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, Danny Danon, devant des diplomates, d’anciens otages et leurs familles.
PNU Photos / Manuel Elias L’ambassadeur israélien Danny Danon auprès de l’ONU (archive).
Parmi les survivants venus témoigner mardi se trouvait Oriya Ness Berlin. Elle venait d’achever sa formation dans l’armée israélienne avant de rejoindre, le 5 octobre 2023, une base proche de la frontière israélienne avec Gaza. Deux jours plus tard, elle s’est retrouvée pieds nus et en pyjama, avec quatre autres femmes soldats dans un abri dont la porte ne fermait pas.
Son récit a ramené la cérémonie aux heures du massacre : les coups de feu, les cris, puis les rires des assaillants qu’elle entendait de l’autre côté de la porte. « Pour un esprit humain, dans cet état de terreur, entendre des gens rire dehors provoque une fracture de la réalité », a-t-elle raconté.
Dix heures après le début de l’attaque, la jeune femme a finalement été secourue. Elle a ensuite décidé de reprendre son service. « Face au traumatisme, j’ai choisi de remettre l’uniforme et de retourner à l’endroit même que j’avais désespérément voulu quitter ce samedi matin », a-t-elle expliqué.
De la mémoire à l’affrontement
Mais à l’ONU, le souvenir du 7-Octobre est désormais inséparable de ce qui l’a suivi. La guerre déclenchée par Israël a tué plus de 74 000 Palestiniens, selon le ministère de la santé de Gaza, et ravagé l’enclave palestinienne. Un cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre 2025, a mis fin aux combats les plus intenses et permis le retour des derniers otages. Il n’a pas mis fin aux frappes : plus de 1 400 Palestiniens ont été tués depuis. 
Mardi, la fracture était palpable dans le discours de M. Danon. « Même dans ce bâtiment, l’ONU essaie de diaboliser et d’isoler Israël », a-t-il accusé, dénonçant pêle-mêle les accusations de « génocide, crimes de guerre, famine » formulées contre son pays.
En septembre 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé et Israël a conclu que les autorités et forces de sécurité israéliennes avaient commis et continuaient de commettre un génocide contre les Palestiniens de Gaza. Ses experts indépendants ont estimé que quatre des cinq actes constitutifs du génocide définis par la convention de 1948 avaient été commis et qu’une intention génocidaire pouvait être établie. Ces conclusions n’engagent pas l’ONU dans son ensemble. Israël les a catégoriquement rejetées, dénonçant un rapport « biaisé et mensonger ».
Le représentant américain, Mike Waltz, a, lui, offert à Israël un soutien sans ambiguïté. Évoquant les otages libérés et l’affaiblissement du Hamas et des alliés régionaux de l’Iran, il a assuré que l’attaque du 7-Octobre avait finalement « échoué » à isoler Israël. « Ayez de l’espoir. La paix est possible », a-t-il lancé.
© Courtesy of Yehuda Cohen Après 737 jours de détention par le Hamas, Nimrod Cohen (au centre) embrasse sa famille à son retour en Israël, le 13 octobre 2025.
« Le terrible coût humain »
Depuis Jérusalem, quelques heures auparavant, le ton de Ramiz Alakbarov, responsable onusien chargé de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient, était sensiblement différent. Lui aussi a rappelé les familles israéliennes assassinées dans leurs maisons, les violences sexuelles, les otages détenus dans des « conditions inhumaines » et les survivants portant encore les cicatrices du 7-Octobre.
Mais il a placé dans le même horizon moral les civils de Gaza. Reconnaître leurs souffrances, a-t-il souligné, « ne diminue pas les atrocités du 7-Octobre, pas plus que cela ne revient à mettre les deux sur le même plan ». Après trois années de guerre, a-t-il ajouté, la violence a démontré « le terrible coût humain de la recherche d’une solution militaire à un conflit politique ».
C’est aussi le paradoxe de ce troisième anniversaire. Le cessez-le-feu tient suffisamment pour empêcher le retour à la guerre totale, mais pas suffisemment pour ouvrir la voie à la paix. 
La veille, dans un message honorant les victimes des atrocités du 7-Octobre, António Guterres avait résumé cette transition introuvable dans un message : « Il est temps que le cessez-le-feu devienne permanent ».

MIL OSI