Source: United Nations – in French 2
Headline: À Islamabad, Guterres appelle à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran
6 octobre 2026 Paix et sécurité
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé mardi à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran et à ses répercussions sur le commerce mondial, alors qu’il entamait une visite officielle au Pakistan.
« Depuis Islamabad, je tiens à adresser un message clair et sans équivoque à toutes les parties », a déclaré M. Guterres devant les journalistes dans la capitale pakistanaise.
« Mettez fin au conflit. Revenez à la diplomatie. Rétablissez pleinement les droits et libertés de navigation, conformément au droit international. »
Une escalade aux conséquences mondiales
Nations Unies Le secrétaire général de ONU et le vice-Premier ministre du Pakistan ont tenu une conférence de presse conjointe à Islamabad.
La crise a éclaté fin février après des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran. Téhéran a riposté en visant des cibles dans plusieurs pays du Golfe et en Jordanie, tout en bloquant le passage par le détroit d’Ormuz, un corridor maritime stratégique pour le commerce mondial.
Ce passage est essentiel au transport du pétrole brut, des engrais et du gaz naturel liquéfié. Des centaines de navires et leurs équipages sont ainsi bloqués en mer depuis des mois.
Parallèlement, les combats se sont étendus à la côte yéménite de la mer Rouge, où les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, affrontent les troupes gouvernementales, appuyées par l’Arabie saoudite, pour le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb.
Le « rôle charnière » du Pakistan
Le Secrétaire général a salué le rôle joué par le Pakistan pour créer les conditions d’un dialogue entre Washington et Téhéran.
« Vos efforts ont permis d’aboutir au mémorandum d’accord d’Islamabad du 17 juin, au cessez-le-feu qui a suivi et au cadre défini pour de futures négociations », a-t-il déclaré.
Abordant les enjeux régionaux plus larges, M. Guterres a affirmé qu’« il n’y aura jamais de paix dans la région tant que le droit du peuple palestinien à l’autodétermination ne sera pas pleinement concrétisé — une cause que le Pakistan défend depuis longtemps ».
Il a dit espérer voir émerger une paix et une prospérité régionales « ancrées dans le dialogue et la coopération », saluant le Pakistan comme « une source de solidarité et de solutions ».
Le chef de l’ONU a également rendu hommage au rôle du Pakistan dans l’accueil, depuis des décennies, de millions d’Afghans ayant fui les conflits et l’instabilité. Il a réaffirmé l’engagement des Nations Unies à travailler avec Islamabad pour que les retours s’effectuent sur une base volontaire, dans la sécurité et la dignité.
Rappelant que le Pakistan a siégé au Conseil de sécurité au cours des deux dernières années, M. Guterres a souligné qu’« à une époque marquée par des divisions et une méfiance croissantes dans le monde, le Pakistan a mis en lumière la valeur du multilatéralisme, du dialogue, de la médiation et de la diplomatie ».
Un partenaire majeur des Casques bleus
Le Pakistan figure également parmi les principaux et les plus anciens contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. M. Guterres a rendu hommage aux plus de 180 Casques bleus pakistanais qui « ont donné leur vie au service de la paix ».
Le Pakistan et le Danemark ont par ailleurs pris l’initiative de la résolution 2823 du Conseil de sécurité, qui renforce l’obligation de rendre des comptes pour les crimes commis contre les Casques bleus.
Le texte a été coparrainé par 153 pays, « le plus grand nombre de coparrains pour une résolution du Conseil de sécurité dans l’histoire des Nations Unies », a souligné le chef de l’ONU.
Il a également reconnu les « immenses souffrances » infligées au Pakistan par des attaques terroristes meurtrières.
« En première ligne face au chaos climatique »
M. Guterres a enfin évoqué la crise climatique, rappelant que sa précédente visite au Pakistan avait eu lieu au lendemain des inondations catastrophiques de 2022.
« Le Pakistan est en première ligne face au chaos climatique, alors même qu’il ne contribue qu’à une infime partie des émissions mondiales », a-t-il dit. Mais « il est aussi en première ligne de la réponse ».
Le Secrétaire général a salué le rôle moteur du pays dans la création du Fonds pour les pertes et préjudices, ainsi que ses efforts en faveur de la transition vers une énergie propre.
Il a enfin appelé une nouvelle fois les pays développés à montrer la voie en garantissant une réduction rapide et profonde des émissions et en mobilisant les financements nécessaires pour aider les pays vulnérables à faire face aux conséquences du changement climatique.
