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Droits humains : l’ONU appelle à passer de l’indignation à la mobilisation

Droits humains : l’ONU appelle à passer de l’indignation à la mobilisation

Source: United Nations – in French 2
Headline: Droits humains : l’ONU appelle à passer de l’indignation à la mobilisation
28 octobre 2026 Droits de l’homme

De Gaza à l’Ukraine, en passant par le Soudan, les atteintes aux droits humains se multiplient, tandis que les mécanismes chargés de les défendre sont eux-mêmes pris pour cible. Mercredi, à New York, le chef des droits humains à l’ONU a dénoncé cette dérive, tout en appelant à mobiliser une opinion publique qu’il juge moins indifférente qu’impuissante.

Il aurait pu dresser, une fois encore, l’inventaire des atrocités qui ensanglantent la planète. Mais, mercredi, au siège des Nations Unies, Volker Türk a préféré commencer par un constat inhabituellement optimiste. 
ONU Info Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, en conférence de presse (archive).
Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, l’immense majorité de la population mondiale reste attachée aux droits fondamentaux, rejette la cruauté et s’oppose à un programme hostile aux libertés, dont il dénonce la progression coordonnée.
Le problème, a-t-il estimé devant un parterre de journalistes, n’est pas tant l’indifférence que l’isolement. Les citoyens qui aspirent à davantage de justice peinent à se reconnaître dans un mouvement collectif. C’est pour fédérer cette énergie dispersée que le responsable originaire d’Autriche a récemment lancé une Alliance mondiale pour les droits humains.
De la Serbie au Bangladesh, en passant par le Népal et Madagascar, il voit dans les mobilisations actuelles de jeunes contre la corruption et les inégalités la preuve que les droits humains demeurent une force de transformation politique. Une conviction qu’il oppose à la multiplication des violations et à l’affaiblissement des institutions censées les prévenir.
Israël sommé de changer de cap
Cette contradiction est particulièrement manifeste au Moyen-Orient. Interrogé sur le prochain gouvernement israélien, après les élections organisées dans le pays, M. Türk n’a pas ménagé ses mots.
« Ne poursuivez pas la politique actuelle de guerre en vous croyant au-dessus du droit international », a-t-il lancé à l’adresse des futurs dirigeants, estimant que cette attitude avait précisément caractérisé la période récente.
Le Haut-Commissaire a rappelé les obligations d’Israël en vertu du droit international, tout en défendant le travail de surveillance et de documentation effectué par ses équipes à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Syrie.
Il a également dénoncé les exécutions de Palestiniens attribuées au Hamas, rappelant que son bureau surveillait les violations commises par l’ensemble des acteurs, y compris les autorités palestiniennes. Enfin, il a réaffirmé sa condamnation des attaques du 7 octobre 2023 et son opposition à toute intimidation ou violence exercée contre les civils.
Autre sujet de préoccupation, les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale (CPI) et la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, dont le nouveau rapport accusant les autorités israélienne de « médiacide », notamment en raison du meurtre de près 300 journalistes durant la guerre à Gaza, était paru la veille. M. Türk a qualifiées ces sanctions d’« inacceptables », estimant qu’elles n’étaient pas conformes au droit international. Il a réclamé leur levée, afin d’éviter un affaiblissement supplémentaire des mécanismes internationaux de justice.
Le responsable doit se rendre la semaine prochaine à La Haye, devant l’Assemblée des États parties à la CPI, pour défendre le rôle de cette juridiction dans la lutte contre l’impunité.
© PAM / Maxime Le Lijour Une grande partie de Gaza est à reconstruire.
En Ukraine, la crainte du pire
L’inquiétude est tout aussi vive concernant l’Ukraine, où les attaques contre les civils ont atteint, selon M. Türk, des niveaux probablement inégalés depuis le début de l’invasion russe, en février 2022.
Le recours croissant aux drones transforme la conduite de la guerre. Aux infrastructures électriques, dont la destruction frappe particulièrement les personnes âgées et handicapées, s’ajoutent désormais les voies ferrées et les supermarchés.
« Je crains le pire pour les civils ukrainiens au cours des prochaines semaines et des prochains mois », a-t-il averti, déplorant une dynamique d’escalade dont il ne perçoit aucun infléchissement.
Il a appelé à intégrer pleinement les droits humains dans toute négociation de cessez-le-feu ou de paix, regrettant le manque d’empathie envers les souffrances de la population.
Au Soudan, autre conflit ravagé par les drones, le tableau est tout aussi sombre. Le Haut-Commissaire a évoqué les atrocités commises par les Forces de soutien rapide, notamment à Zamzam et à El-Fasher, où des survivants lui ont rapporté des viols collectifs, des exécutions sommaires et des massacres.
Au-delà des conflits, M. Türk a également alerté sur la montée de l’antisémitisme, de l’islamophobie et des discours haineux, notamment en période électorale.
Son message aux journalistes résumait finalement le sens de son intervention. À l’heure où la liberté de la presse elle-même est menacée, continuer à poser la question des droits humains, dans tous les domaines, de l’intelligence artificielle au climat, demeure indispensable.
Car, pour le responsable onusien, le danger ne réside pas seulement dans la progression des violations. Il tient aussi au risque que ceux qui les refusent finissent par se croire seuls.

MIL OSI