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Des millions de personnes toujours privées de leurs droits fondamentaux, dans un monde plus riche que jamais

Des millions de personnes toujours privées de leurs droits fondamentaux, dans un monde plus riche que jamais

Source: United Nations – in French 2
Headline: Des millions de personnes toujours privées de leurs droits fondamentaux, dans un monde plus riche que jamais
2 novembre 2026 Droits de l’homme

Malgré des progrès remarquables et des niveaux de richesse sans précédent, plus d’un tiers de l’humanité vit encore dans la pauvreté ou la précarité, a alerté lundi un haut responsable des Nations Unies, à l’ouverture de la 80e session du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, à Genève.

Des millions de personnes restent privées d’un accès adéquat à l’éducation, aux soins de santé, au logement et à la protection sociale, a constaté Mahamane Cissé Gouro, directeur de la Division du Conseil des droits de l’homme du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
La montée des inégalités, l’alourdissement du fardeau de la dette et l’insécurité économique aggravent les tensions sociales et érodent la confiance dans les institutions, a souligné le représentant du Secrétaire général.
Il a également rappelé que les droits économiques, sociaux et culturels ne sont pas de simples objectifs à atteindre à long terme, mais des droits fondamentaux dont la réalisation ne peut être différée.
Partout dans le monde, les conflits compromettent aussi l’accès aux services essentiels, notamment la santé, l’éducation et le logement. Leur protection dépasse ainsi le développement et concerne également la paix, la sécurité et la résilience des sociétés.
Une feuille de route pour « un avenir meilleur »
Face à ces défis, le cadre international des droits de l’homme reste plus que jamais essentiel pour rappeler aux États leurs obligations et la nécessité de garantir ces droits, y compris dans les contextes les plus difficiles.
Soixante ans après son adoption, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) n’a rien perdu de sa pertinence ni de sa nécessité. Il porte une vision de sociétés fondées sur la dignité humaine, l’égalité, la solidarité et la justice.
« Dans un monde confronté à une incertitude et à des divisions croissantes, votre travail démontre que les droits de l’homme restent une feuille de route concrète pour relever les défis d’aujourd’hui et construire un avenir meilleur », a souligné M. Cissé Gouro, s’adressant aux experts du Comité, chargés de surveiller l’application du Pacte par les États.
Le Pacte constitue ainsi un repère essentiel pour que le progrès économique se traduise concrètement par davantage de dignité, d’égalité et de possibilités pour tous.
Depuis six décennies, le PIDESC et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques constituent les deux piliers du cadre international des droits de l’homme. Ensemble, ils rappellent un principe fondamental : tous les droits de l’homme sont universels, indivisibles et interdépendants. Les avancées dans un domaine ne peuvent être pleinement durables sans progrès dans les autres.
Intégrer les droits humains dans l’économie
Le HCDH promeut une approche de l’économie fondée sur les droits humains, en intégrant ces droits dans les politiques économiques, les stratégies de développement, les cadres de financement et les mécanismes de gouvernance économique, a indiqué M. Cissé Gouro.
Cette approche vise à réduire les inégalités et à faire en sorte que les décisions économiques contribuent à la réalisation des droits humains.
« Nous sommes prêts à accompagner les États et les autres acteurs dans la mise en œuvre concrète de ces approches au niveau national », a-t-il assuré.
Un système fragilisé par la crise de liquidités
Mais la portée de ces engagements repose aussi sur la capacité des mécanismes internationaux chargés d’en assurer le suivi à fonctionner efficacement. Or, le système des organes conventionnels fait aujourd’hui face à des défis inédits.
La « crise de liquidités des Nations Unies » réduit considérablement le temps consacré aux réunions, entraînant des reports d’examens, des retards dans le traitement des communications et une incertitude accrue pour les parties prenantes.
Ces contraintes affectent les organes conventionnels, les États parties, les institutions nationales des droits de l’homme et la société civile, mais surtout les personnes dont les droits doivent être protégés.
Préserver l’efficacité de ce système exige des ressources prévisibles et durables, ainsi que le soutien des États membres, indispensables à la solidité de l’architecture internationale des droits de l’homme, a insisté M. Cissé Gouro.
Quatre pays à l’examen
Durant cette session de deux semaines, le Comité examinera les rapports présentés au titre du Pacte par quatre pays, par ordre d’examen : l’Eswatini, le Pakistan, le Mexique et l’Autriche, ainsi que des rapports de suivi du Cambodge et du Portugal.
La Présidente du Comité, Preeti Saran, a évoqué l’événement conjoint organisé pour marquer le soixantième anniversaire des deux Pactes, le vendredi 6 novembre 2026 au Palais des Nations.

MIL OSI