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Soudan : faute de financements, des millions de déplacés risquent de se retrouver à la rue

Soudan : faute de financements, des millions de déplacés risquent de se retrouver à la rue

Source: United Nations – in French 2
Headline: Soudan : faute de financements, des millions de déplacés risquent de se retrouver à la rue
6 novembre 2026 Aide humanitaire

Alors que des millions de Soudanais tentent de regagner leurs foyers détruits par la guerre, l’aide humanitaire menace de s’effondrer faute de moyens. L’ONU alerte sur l’épuisement des stocks d’urgence, qui pourrait laisser des familles entières sans toit ni biens de première nécessité.

Ils ont fui les combats, parfois à plusieurs reprises. Aujourd’hui, certains rentrent chez eux pour découvrir leur maison détruite, leur quartier dévasté et les services essentiels hors d’usage. Au Soudan, où la guerre civile fait rage depuis avril 2023, le retour des déplacés ne signifie pas nécessairement la fin de leur calvaire. Et les organisations humanitaires, à court de ressources, peinent désormais à leur venir en aide.
Plus de trois ans et demi après le déclenchement des hostilités entre l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), le pays reste au cœur de la plus grave crise de déplacement au monde. Plus de 8,5 millions de personnes demeurent déplacées à l’intérieur des frontières soudanaises, tandis que 4,6 millions ont trouvé refuge à l’étranger.
Parallèlement, plus de 5 millions de personnes ont regagné leur région d’origine. Mais beaucoup retrouvent des villes et des villages où les logements, les réseaux d’approvisionnement en eau et les infrastructures sanitaires ont été endommagés ou détruits.
© OIM Plus de 8,6 millions de personnes demeurent déplacées à l’intérieur des frontières soudanaises, tandis que 4,6 millions ont trouvé refuge à l’étranger.
Des besoins immenses, une aide dérisoire
« Beaucoup se sont enfuis en quelques minutes, emportant seulement ce qu’ils pouvaient porter », a expliqué vendredi depuis Khartoum Abubakarr Jalloh, représentant adjoint du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Soudan. « Ils ont laissé leurs casseroles, tout ce qui fait d’une maison un foyer ».
Selon l’agence, 15,4 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’un abri d’urgence ou de biens ménagers essentiels, des couvertures aux ustensiles de cuisine. Pourtant, faute de moyens, les organisations humanitaires ne peuvent cibler en priorité que 10 % d’entre elles.
À ce jour, seules 936 000 personnes ont reçu une assistance. Autrement dit, plus de neuf personnes sur dix parmi celles qui ont besoin de cette aide n’en ont pas bénéficié.
Pour les familles contraintes de fuir à répétition, disposer d’un toit, de couvertures et d’un minimum d’équipement représente une protection indispensable contre les intempéries, mais aussi contre l’insécurité et les risques d’exploitation. Pour celles qui reviennent, cette assistance constitue souvent le premier pas vers une réinstallation durable.
© HCR / Charity Nzomo Des enfants réfugiés soudanais à l’école en Éthiopie.
Des stocks d’urgence bientôt épuisés
Or, les ressources disponibles s’amenuisent au moment même où les besoins restent considérables. La poursuite des combats, les attaques de drones et l’insécurité provoquent de nouveaux déplacements, tandis que les infrastructures détruites et les difficultés d’accès compliquent l’acheminement des secours.
Le problème est aussi financier. Selon un communiqué de presse publié vendredi par le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le plan de réponse humanitaire pour le Soudan, doté d’un budget de 2,9 milliards de dollars, n’est financé qu’à hauteur de 47 %. La situation est encore plus préoccupante pour l’aide aux abris et aux biens de première nécessité : seuls 35 % des 179 millions de dollars nécessaires ont été réunis.
Conséquence, les agences humanitaires doivent réduire leurs interventions et concentrer leurs maigres ressources sur les situations les plus critiques. Les stocks de matériel d’urgence approchent de l’épuisement, alors que les violences continuent de chasser des familles de chez elles.
Le HCR et l’OIM réclament des financements supplémentaires, rapidement mobilisables, pour éviter une nouvelle dégradation de la situation. Sans cet apport, préviennent les deux agences, des familles qui ont déjà perdu leur maison et leurs moyens de subsistance risquent de passer les prochains mois sans protection adéquate.

MIL OSI