Post

Conseil de sécurité: l’ampleur de l’offensive israélienne au Liban suscite la réprobation, comme l’intensification des attaques du Hezbollah

Conseil de sécurité: l’ampleur de l’offensive israélienne au Liban suscite la réprobation, comme l’intensification des attaques du Hezbollah

Source: United Nations – in French 2

Headline: Conseil de sécurité: l’ampleur de l’offensive israélienne au Liban suscite la réprobation, comme l’intensification des attaques du Hezbollah

À la demande de la France, le Conseil de sécurité s’est réuni cet après-midi en urgence pour se saisir de la situation « alarmante » au Liban, victime des affrontements entre Israël et le Hezbollah, en violation du cessez-le-feu agréé le 17 avril sous les auspices des États-Unis.  Tandis que les troupes terrestres israéliennes progressent toujours plus profondément au Liban, les attaques du Hezbollah touchent Israël de plus en plus loin dans son territoire, a constaté la Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique aux Départements des affaires politiques et de consolidation de la paix, et des opérations de paix. 

Mme Martha Ama Akyaa Pobee a rappelé que c’est sur ordre du Premier Ministre israélien, M. Benjamin Netanyahu, que les Forces de défense israéliennes ont pris le contrôle de zones précédemment détenues par le Hezbollah. C’est le cas de la forteresse de Beaufort, où le drapeau israélien flotte à nouveau, « ravivant le souvenir douloureux de l’occupation par Israël, de 1982 à 2000, du Sud-Liban », considéré par ce belligérant comme une « zone de combat » dans son intégralité, a rappelé la haute fonctionnaire. 

Intensification du conflit et déplacements de population 

Ces opérations terrestres ont été redoublées par une offensive aérienne contre ce qu’Israël a qualifié de cibles du Hezbollah à travers tout le Sud-Liban, la vallée de la Bekaa et la périphérie de Beyrouth, a-t-elle poursuivi.  Avec pour conséquence des déplacements massifs de population, gagnée par un sentiment de panique partagé par le reste des Libanais. 

Aux frappes aériennes et aux tirs d’artillerie israéliens au nord de la Ligne bleue s’ajoute la démolition généralisée de bâtiments dans les villages situés à proximité, a déploré la Sous-Secrétaire générale.  Rien que le 30 mai, a-t-elle relevé, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a enregistré 992 trajectoires de projectiles tirés par les Forces de défense israéliennes, soit le chiffre le plus élevé depuis l’entrée en vigueur de la cessation des hostilités, le 17 avril. 

Parallèlement, le Hezbollah a continué de tirer des dizaines de roquettes, de missiles guidés antichars et de drones, recourant également à des missiles sol-air et à des engins explosifs improvisés contre les troupes et les biens israéliens situés sur le territoire libanais, mais aussi de plus en plus profondément à l’intérieur du territoire israélien.  « Les dirigeants du Hezbollah ont réitéré que le groupe ne se désarmerait pas, défiant ainsi l’intention déclarée du Gouvernement libanais d’affirmer le monopole de l’État sur l’usage de la force », a observé Mme Pobee.   

Depuis le 2 mars, l’intensification des hostilités a causé un bilan humain dévastateur, avec au moins 3 412 tués et plus de 10 000 blessés au Liban, dont des centaines de civils.  Vingt et un membres des Forces armées libanaises ont été tués.  Quatre civils israéliens et 26 membres des Forces de défense israéliennes ont également trouvé la mort, tandis que destructions et déplacements ont touché les communautés des deux côtés de la Ligne bleue. Six Casques bleus de la FINUL ont par ailleurs été tués et plusieurs autres blessés. 

Israël et le Hezbollah renvoyés dos à dos

Face à cette escalade dangereuse, les membres du Conseil se sont inquiétés des risques qu’elle fasse dérailler les pourparlers directs en cours entre le Liban et Israël.  Ainsi, a souligné la Sous-Secrétaire générale, Téhéran aurait aujourd’hui même déclaré qu’en réponse à cette situation au Liban, la République islamique d’Iran suspendra le dialogue avec les États-Unis, bloquera le détroit d’Ormouz et ouvrira d’autres fronts. 

Dénonçant pour sa part la « machine de guerre israélienne », la Chine a plaidé pour une désescalade immédiate, tout en soulignant le risque de vide sécuritaire que laisserait une FINUL empêchée de s’acquitter correctement de son mandat. Elle a été suivie sur ce point par le Danemark, notamment. 

Pour la Fédération de Russie, l’expansion de l’occupation israélienne du Liban ne résout en rien le problème sécuritaire urgent qui sévit dans le nord d’Israël.  Au contraire, elle fragilise le Gouvernement libanais, dont l’engagement en faveur d’une solution négociée est incontestable, a assuré cette délégation. « Sans réponse à la question rhétorique posée par le Président du Parlement libanais, Nabih Berri, concernant la capacité d’Israël à mettre fin à son agression, la situation restera dans l’impasse. » 

Dans ces conditions, la popularité croissante de l’idée que la résistance armée à l’occupation est la seule alternative n’est pas surprenante, a pointé le représentant russe, pour qui la détérioration de la situation est une conséquence directe de l’agression injustifiée des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. 

Qualifiant les agissements d’Israël d’« erreur stratégique majeure », la France n’en a pas moins jeté l’opprobre sur le Hezbollah, « soutenu par l’Iran », et « qui porte la responsabilité du déclenchement des hostilités, après avoir entraîné le Liban et son peuple dans une guerre qui n’est pas la leur », des propos qui ont trouvé écho auprès du Royaume-Uni.  Mais la délégation française a estimé que la « fuite en avant » d’Israël a franchi un cap symbolique hier.  « En plantant son drapeau sur la forteresse de Beaufort, qui lui servit de base durant l’occupation du Sud-Liban jusqu’en 2000, Israël renoue avec une période que l’on croyait révolue. » 

Affirmant que les mêmes causes ont toutes les chances de produire les mêmes effets, le délégué français a estimé qu’une nouvelle occupation ne ferait que nourrir l’instabilité.  « Car chaque village bombardé et rasé, chaque civil tué, renforce le Hezbollah et fragilise l’exécutif libanais, dont nous saluons la volonté politique de consolider la souveraineté du Liban. »  Jugeant que la solution au conflit actuel réside dans la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 (2006) et le respect du cessez-le-feu par l’ensemble des parties, le délégué français a annoncé l’organisation prochaine à Paris d’une conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises. 

Israël veut neutraliser le Hezbollah, le Liban le somme de cesser son offensive 

Les États-Unis se sont de leur côté lancés dans une diatribe contre l’Iran, accusé de se servir du Liban comme d’une base arrière pour les opérations du Hezbollah.  Estimant que ce « groupe terroriste » doit cesser les hostilités puisque c’est lui qui les aurait déclenchées, le représentant américain s’est dit impatient de voir quelle serait sa décision, alors que le Président Donald Trump vient d’annoncer avoir obtenu un cessez-le-feu entre les parties au conflit. 

Le délégué israélien a renchéri, brandissant un drone miniature devant le Conseil, à l’image de ceux que le Hezbollah téléguide vers Israël sous la forme d’« essaims ».  Après avoir assuré qu’Israël n’a aucune intention de rester au Liban, il a juré que son pays ne laissera pas le Hezbollah se réarmer et agira en conséquence, « au sud comme au nord du Litani ».  Le désarmement complet de ce groupe, ainsi qu’une armée libanaise souveraine et unifiée, sont la seule solution, a martelé le représentant. 

« L’engagement d’Israël en faveur d’un cessez-le-feu complet et effectif est la condition préalable indispensable pour que l’État libanais puisse étendre son autorité et son contrôle sur l’ensemble de son territoire et de ses frontières », a, au contraire, argué le délégué libanais.  « Le Liban s’engage à être seul responsable de toute violation ultérieure », a-t-il assuré.  Cet objectif primordial, réaffirmé par le Conseil des ministres le 2 mars, demeure hors d’atteinte en raison du non-respect par Israël des dispositions de la déclaration du 26 novembre 2024, date de la cessation des hostilités, qui avait été alors négociée par les États-Unis et la France. 

« Cette voie est la seule susceptible de garantir la sécurité et la paix à nos frontières internationales, contrairement aux illusions que peuvent susciter les victoires militaires ou les accords régionaux bilatéraux », a tranché le représentant, pour qui les incursions incessantes d’Israël sur son territoire semblent viser à contrecarrer le « projet de renaissance nationale » dans lequel s’est engagé son pays. 

Face à cette impasse, le Libéria a proposé une feuille de route en quatre phases. La première serait une stabilisation immédiate, avec la cessation de toutes les opérations offensives et le gel de tous les mouvements de forces, supervisée par une FINUL renforcée.  Selon la phase 2, un retrait israélien derrière la Ligne Bleue irait de pair avec un déploiement immédiat et robuste des forces libanaises au sud du fleuve Litani.  Simultanément, a poursuivi la délégation libérienne, la communauté internationale apporterait une aide financière et logistique massive aux institutions étatiques libanaises. 

Dans la troisième phase, toutes les capacités de défense du Liban seraient ancrées au sein d’une architecture nationale sécuritaire unifiée.  L’objectif?  Que l’État libanais soit le seul garant de la sécurité dans le pays.  Enfin, la phase 4 prévoirait des mécanismes de vérification renforcés pour faire face aux violations des parties.

MIL OSI