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Soudan : le choléra frappe des populations déjà ravagées par la guerre

Soudan : le choléra frappe des populations déjà ravagées par la guerre

Source: United Nations – in French 2
Headline: Soudan : le choléra frappe des populations déjà ravagées par la guerre
10 juillet 2026 Santé

Au Soudan, une nouvelle flambée de choléra menace des populations déjà éprouvées par plus de trois ans de conflit. L’épidémie a déjà fait plus de 100 morts et suscite une vive inquiétude, en particulier à El Obeid, ville assiégée du Kordofan du Nord, où les attaques quotidiennes de drones entravent l’acheminement de l’aide humanitaire.

« Le choléra est de retour et touche plusieurs États, principalement dans l’ouest du pays, au Darfour et au Kordofan », a déclaré le Dr Shible Sahbani, représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Soudan, lors d’un point de presse à Genève.
Selon l’OMS, plus de 1.330 cas confirmés et 114 décès ont déjà été recensés. Cette maladie, évitable et traitable lorsqu’elle est prise en charge rapidement, peut toutefois devenir mortelle en l’absence de soins.
Une situation qui pourrait rapidement empirer
Le bilan réel est probablement bien plus lourd, préviennent les agences humanitaires, qui redoutent une propagation rapide de la maladie parmi les centaines de milliers de personnes ayant fui les combats dans le Kordofan du Nord.
Cet État est aujourd’hui l’un des principaux foyers des affrontements entre les Forces armées soudanaises (FAS) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans une guerre dévastatrice depuis avril 2023.
Le taux de létalité atteint déjà 13,7 %, un niveau que le Dr Sahbani qualifie d’« extrêmement élevé ». L’arrivée imminente de la saison des pluies risque d’accélérer la transmission du choléra dans des zones où les infrastructures d’eau et d’assainissement sont gravement endommagées.
© OMS Des femmes puisent de l’eau à un puits dans le Kordofan occidental, au Soudan.
Des millions de personnes exposées
Le Soudan reste confronté à la plus grave crise humanitaire au monde. Plus de 33 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, dont 21 millions nécessitent des services de santé. Depuis le début de la guerre, le 15 avril 2023, au moins 59.000 personnes ont été tuées.
Si certains habitants commencent à regagner des régions où la situation sécuritaire s’est légèrement améliorée, notamment à Khartoum, 13,4 millions de personnes demeurent déplacées, dont neuf millions à l’intérieur du pays et 4,6 millions dans les États voisins.
Outre le choléra, le pays est confronté à plusieurs autres épidémies, notamment de dengue, de paludisme, de méningite, d’hépatite E et de rougeole.
« Nous sommes particulièrement préoccupés par la propagation [du choléra] à El Obeid, dans le Kordofan du Nord, où l’accès est très limité et où le système de santé, déjà fragile, est soumis à une pression croissante », a averti le représentant de l’OMS. « Les établissements de santé y sont débordés et l’accès aux soins est très, très limité. »
© OMS Des camions transportant du matériel médical, notamment des kits contre le choléra, sont prêts à partir pour le Kordofan du Sud.
L’OMS réclame un accès humanitaire
L’OMS a prépositionné des fournitures médicales permettant de soigner plus de 25.000 personnes à El Obeid, mais ces stocks restent insuffisants.
« Je dois admettre que cela ne suffit pas », a reconnu le Dr Sahbani.
Lundi, l’agence onusienne a acheminé 8,5 tonnes de matériel médical vers Kadugli et Dilling, au Kordofan du Sud, dans le cadre d’un convoi interagences. Il s’agissait de la première livraison de l’OMS à Kadugli depuis décembre 2024, les combats ayant jusque-là empêché tout accès.
Le responsable a également relayé les récents appels du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, exhortant la communauté internationale à empêcher de nouvelles atrocités à El Obeid et à éviter que ne se reproduisent les massacres commis à El Fasher.
« Nous appelons nos partenaires et nos donateurs à nous aider, d’une part à accéder à la zone et, d’autre part, à acheminer suffisamment de fournitures et d’équipements à El Obeid. Nous savons toutefois que la situation y est très, très critique et qu’elle continue de se dégrader, avec un risque accru d’épidémies, de malnutrition et de violences, y compris à l’encontre des femmes et des enfants. »

MIL OSI