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Ukraine : à l’approche de l’hiver, des millions de déplacés risquent de devoir fuir à nouveau

Ukraine : à l’approche de l’hiver, des millions de déplacés risquent de devoir fuir à nouveau

Source: United Nations – in French 2
Headline: Ukraine : à l’approche de l’hiver, des millions de déplacés risquent de devoir fuir à nouveau
16 octobre 2026 Aide humanitaire

Après avoir fui les combats, près de 3,8 millions d’Ukrainiens ont regagné leur domicile depuis le début de l’invasion russe. Mais les logements endommagés, les attaques contre les infrastructures énergétiques et le coût du chauffage menacent de provoquer une nouvelle vague de déplacements, alerte l’ONU.

À l’approche d’un cinquième hiver depuis l’invasion russe à grande échelle, des millions d’Ukrainiens risquent à nouveau de devoir repartir. En cause, des habitations encore endommagées, un réseau énergétique régulièrement pris pour cible et des factures de chauffage que de nombreux ménages ne peuvent plus assumer.
Dans une mise en garde publiée vendredi, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) souligne la précarité de ces retours. Les personnes revenues au cours des trois derniers mois sont particulièrement susceptibles de reprendre la route.
« Pour des millions d’Ukrainiens, le défi ne consiste plus simplement à savoir s’ils peuvent rentrer chez eux », a déclaré Arthur Erken, directeur régional de l’OIM pour l’Europe et l’Asie centrale. « Il s’agit de savoir s’ils peuvent y rester en toute sécurité, et pour l’instant, les conditions rendent cela difficile ».
Depuis février 2022, 3,8 millions de personnes ont regagné leur lieu de résidence après avoir été déplacées. Près de 3,6 millions d’autres demeurent déplacées à l’intérieur du pays. Mais après plus de quatre années de guerre, les économies des familles s’épuisent et leur capacité à surmonter de nouvelles difficultés s’amenuise.
© OCHA / Matteo Minasi Selon l’OIM, 2,1 millions de personnes âgées en Ukraine vivent seules dans des immeubles collectifs où une interruption prolongée de l’électricité ou du chauffage peut rapidement devenir critique.
Des logements impossibles à chauffer
La situation est particulièrement préoccupante à proximité du front. Selon l’OIM, environ 1,45 million de personnes revenues chez elles vivent dans des districts situés en première ligne, dont 565 000 dans la seule région de Kharkiv, dans le nord-est du pays.
Dans les zones rurales les plus exposées, trois ménages de retour sur quatre ont besoin de matériaux pour réparer leurs murs, tandis que près de deux sur trois doivent encore remettre en état leur toiture ou améliorer l’isolation de leur logement.
Même lorsque les habitations restent occupables, les chauffer devient un luxe. L’hiver dernier, près de six ménages sur 10 ont réduit leur consommation de chauffage pour limiter leurs dépenses. Une économie contrainte qui pourrait devenir dangereuse si les températures chutent et que les coupures d’énergie se multiplient.
Les grandes villes ne sont pas épargnées. Six habitants sur dix y dépendent du chauffage urbain, particulièrement vulnérable aux attaques contre les infrastructures énergétiques. Un ménage urbain sur cinq ne dispose d’aucune source d’énergie de secours.
Les personnes âgées sont parmi les plus exposées. Selon l’OIM, 2,1 millions d’entre elles vivent seules dans des immeubles collectifs, où une interruption prolongée de l’électricité ou du chauffage peut rapidement devenir critique.
Or, les moyens humanitaires diminuent précisément au moment où les besoins risquent de s’aggraver. Moins de 7 % du plan d’intervention de l’OIM pour l’Ukraine en 2026 a été financé. Une pénurie qui compromet la capacité de l’agence à aider les familles à réparer leurs logements et à affronter l’hiver.
© IAEA Le Directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, et le personnel de l’AIEA traversent la ligne de front du conflit en Ukraine pour atteindre la centrale nucléaire de Zaporijjia.
À Zaporijia, une trêve pour réparer un transformateur
La fragilité du système énergétique ukrainien se mesure également autour de ses installations nucléaires. Jeudi, un huitième cessez-le-feu localisé entre la Russie et l’Ukraine, facilité par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), est entré en vigueur pour permettre la réparation d’un transformateur de secours endommagé près de la centrale de Zaporijia, occupée par les forces russes.
L’intervention doit renforcer la fiabilité de l’alimentation électrique extérieure de la centrale, indispensable au fonctionnement de ses systèmes de sûreté, même lorsque ses réacteurs ne produisent pas d’électricité.
« Les travaux de réparation menés pendant le cessez-le-feu négocié par l’agence amélioreront la fiabilité de la connexion électrique externe de la ZNPP », a déclaré dans un communiqué le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, estimant que « des efforts diplomatiques persistants peuvent aboutir à des résultats concrets ».
Cette trêve ponctuelle contraste toutefois avec l’intensification de l’activité militaire observée autour des autres installations nucléaires ukrainiennes.
À Tchernobyl, les équipes de surveillance ont détecté 134 drones en une semaine, contre 80 la semaine précédente. Le 9 octobre, l’un d’eux s’est écrasé dans une zone boisée à environ deux kilomètres du site, déclenchant un incendie rapidement maîtrisé.
Une centrale dite du Sud de l’Ukraine a, de son côté, signalé 121 drones, celle de Khmelnytskyi, dans l’ouest, 31 et celle de Rivne un seul. Au total, 194 alertes aériennes ont été enregistrées autour des installations nucléaires ukrainiennes en une semaine. Les équipes de l’AIEA présentes à Khmelnytskyi et à Rivne ont dû se réfugier à plusieurs reprises dans des abris.
Pour Rafael Mariano Grossi, cette multiplication des activités militaires constitue un danger pour la sûreté nucléaire, même lorsque les installations ne sont pas directement visées. Il a renouvelé son appel à la plus grande retenue de toutes les parties.
À quelques semaines des premières grandes vagues de froid, ces risques s’ajoutent à ceux qui pèsent déjà sur les logements et l’approvisionnement énergétique du pays. Pour les millions d’Ukrainiens revenus chez eux, la possibilité de rester dépend désormais autant de l’évolution des combats que de leur capacité à traverser l’hiver.

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