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Au Sommet ibéro-américain à Madrid, Guterres plaide pour la culture comme rempart contre les divisions

Au Sommet ibéro-américain à Madrid, Guterres plaide pour la culture comme rempart contre les divisions

Source: United Nations – in French 2
Headline: Au Sommet ibéro-américain à Madrid, Guterres plaide pour la culture comme rempart contre les divisions
5 novembre 2026 Paix et sécurité

À l’heure où les conflits et les divisions fragilisent les sociétés, la culture constitue un puissant levier de réconciliation et de paix. C’est le message porté jeudi par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’ouverture du 30e Sommet ibéro-américain, à Madrid, où il a appelé les pays à défendre la diversité culturelle, la liberté artistique et le dialogue entre les peuples.

« L’Amérique ibérique n’est pas une superpuissance militaire ou économique, mais elle est une superpuissance culturelle », a affirmé le chef de l’ONU, soulignant la richesse d’un patrimoine façonné par les héritages autochtones, africains et européens.
Cette diversité, a-t-il insisté, rappelle que « l’amour des siens n’exige pas de craindre les autres ».
Trente-cinq ans après la création de cette communauté, à Guadalajara, et vingt ans après l’adoption de la Charte culturelle ibéro-américaine à Montevideo, ce sommet entend renouveler cet engagement en faveur des droits culturels et de leur place dans le monde.
Pour M. Guterres, l’expérience de cette communauté repose sur un principe essentiel : construire l’unité sans imposer l’uniformité.
La culture, un instrument de réconciliation
Évoquant la Charte des Nations Unies et son engagement à « vivre en paix les uns avec les autres dans un esprit de bon voisinage », le Secrétaire général a rappelé qu’un accord peut faire taire les armes, mais que la réconciliation avec l’ancien adversaire constitue le défi le plus difficile.
« La culture porte la mémoire de la douleur, sans perpétuer la haine », a-t-il déclaré, faisant référence à Guernica, le tableau de Pablo Picasso devenu symbole de l’horreur de la guerre. Sa reproduction en tapisserie veille sur la salle du Conseil de sécurité à New York, rappelant aux diplomates les conséquences des conflits.
Le chef de l’ONU a également évoqué les millions de réfugiés et de migrants qui emportent avec eux leurs langues, leurs chansons et leurs souvenirs. Les accueillir avec dignité, a-t-il souligné, revient à honorer une tradition d’hospitalité qui s’est exercée des deux côtés de l’Atlantique.
Défendre la liberté artistique à l’ère de l’IA
M. Guterres a par ailleurs appelé à reconnaître la culture comme un bien public mondial, à protéger les lieux qui renforcent les communautés, tels que les bibliothèques, les théâtres et les places publiques, et à défendre la liberté des artistes, notamment lorsqu’ils dérangent.
Il a aussi mis en garde contre les risques liés à l’intelligence artificielle, plaidant pour des technologies capables de faire entendre toutes les voix, plutôt que de laisser quelques entreprises décider de ce que les populations voient, lisent et croient.
« Plus les machines deviendront performantes, plus nous aurons besoin de ce qui nous rend humains », a-t-il souligné, appelant à renforcer l’esprit critique grâce à une place accrue accordée aux arts et aux sciences humaines dans l’éducation.
Un dernier message avant son départ
Ce sommet revêtait également une dimension personnelle pour António Guterres, qui participait à cette rencontre pour la dernière fois en tant que Secrétaire général. Il a remercié les pays membres pour leur amitié et leur soutien durant son mandat.
Évoquant la révolution des Œillets au Portugal, le 25 avril 1974, il a raconté comment la diffusion à la radio de la chanson Grândola, Vila Morena avait servi de signal au déclenchement du mouvement démocratique. Il avait alors 24 ans.
« Je ne l’ai jamais oublié : une chanson peut ouvrir la voie à la liberté », a-t-il confié.
« Nous parlons de nombreuses langues. Nous chantons des chansons différentes. Mais elles racontent toutes la même histoire : celle d’une humanité partagée », a conclu le Secrétaire général.
« C’est là le pouvoir de la culture : elle nous aide à reconnaître notre humanité chez les autres, même chez notre ancien adversaire. C’est là que commence la paix. »

MIL OSI